Introduction : Lettre de Yulia.

Introduction : Lettre de Yulia.
Juin,1700.

« Papa,
J'aime ton bateau plus que tout, l'équipage me respecte comme s'il s'agissait de toi. Sur ton navire, j'ai l'impression que l'océan m'appartient. Quand je prononce mon prénom suivit de notre nom, des yeux s'illuminent, ils connaissent tous notre bateau, le Volkova. Les pirates peuvent être agressifs envers moi car je suis une femme mais quand ils apprennent que je suis ta fille, un respect impressionnant s'empare d'eux.
Je passe plus de temps sur la mer que sur terre. Cette impression de liberté à chaque instant me permet de déployer mes ailes et de m'envoler vers l'impossible. Je suis libre, fière de porter ton nom et heureuse d'être capitaine de ton navire.
Je dois t'avouer que je remplace beaucoup de tes marins trop vieux, il n'y a pas d'autre moyen que le marché des esclaves pour avoir des ressources. Et puis, peut-être trouverais-je un mari correct, étant donné que tu n'arrêtes pas de me demander des petits enfants, pourtant les hommes ont quelque chose que je ne cherche pas, je les rejette, quelque chose m'empêche de les aimer aussi loin que de l'amitié, mon coeur n'a jamais vraiment eu le béguin pour quelqu'un et je m'en excuse, papa.
Mais je trouverai ma moitié un jour, je te le promets Oleg Volkov. Je t'aime.

Ta fille, Yulia Volkova. ».

# Posté le lundi 28 août 2006 06:05

Modifié le mercredi 13 août 2008 05:50

Chapitre 1 "Sur le Volkova."

Chapitre 1 "Sur le Volkova."
L'écriture. Voilà le passe-temps d'un capitaine. Mais quel plaisir prend-t-on à poser de l'encre sur du papier afin de raconter des choses qui nous traversent l'esprit ? A vous de devinez...
Yulia écrivait page sur page, ne se lassant jamais de raconter ses aventures à un malheureux bout de papier. Malheureux bout de papier ? Peut-être, mais au moins il vous rappelle les plus beaux jours de votre vie, mais aussi, les plus tristes.
Etant en pleine concentration sur ce qu'elle écrivait, elle sursauta au bruit d'une porte qui s'ouvrait brusquement, la voix sonore d'un marin jeune :
« B'jour Cap'taine ! Alors qui c'est qui va allez au marché des esclaves, jourd'hui ?? »
Il avaler la moitié de ses mots mais Yulia avait l'habitude, à force. Quand elle lui fit face, le sourire joyeux du garçon s'effaça aussitôt, il avala sa salive, la sueur coula sur le front du jeune pirate et ses yeux essayèrent de se défaire du regard de la jeune femme.
Tentant de la faire rire, et de détendre l'atmosphère il lança :
« J'vous ai fait peur, hein ? Hum... »
« Ce qui me faire peur, le Jeunot, c'est de ne pas pouvoir te botter les fesses ! »
« A... Ah bon ? »
« N'as-tu jamais appris à frapper avant d'entrer ? »
« J'ai...Heu...J'avais...oublié ! »
« Oublier ?! » s'exclama-t-elle de plus en plus énervée.
« Ou..Oui. »
« Attends un peu si je t'attrape ! »
A ne pas dire deux fois, le garçon détala comme un lapin après avoir entendu la menace de son capitaine, une course-poursuite commença. Un rituel habituel pour les autres marins qui avaient l'habitude de voir Yulia courir après le Jeunot qui se faisait souvent remarquer.
« Qu'a-t-il encore fait celui là ?! » demande un pirate amusé par le spectacle.
« Il est rentré en trombe dans ma cabine ! » répondit-t-elle tout en le coursant.
« C'est vrai que le capitaine déteste être déranger pendant qu'elle écrit... » chuchota un homme à un autre.
Quand le pourchassé tourna autour du mat pour ne pas se faire attraper, il trébucha sur une corde, et rampa comme un misérable ver de terre pour ne pas recevoir de coup. Yulia se mit devant lui, il fixait les bottes du capitaine, toujours vautrait par terre, il balbutia :
« Je...Je suis... désolé... »
« Tu n'as pas à l'être, grâce à toi, j'ai trouvé celui qui va aller au marché des esclaves. »
« Ah oui ? »
« Oui. Et c'est toi ! Je te laisse trouver un compagnon pour y allez, tu serais encore capable de te faire tuer en marchandant comme un idiot. »
L'équipage rigola, Yulia l'aimait bien le Jeunot, curieux et peureux, jeune et naïf mais important aux yeux de Yulia, il savait parler presque toutes les langues, ce qui était très utile. C'était bien le moins âgé du bateau, Yulia l'avait trouvé sur l'océan flottant sur un tonneau, le bateau de ses parents avait fait naufrage. Elle l'avait pris en affection et il était devenu le plus comique de l'équipage pour ses bêtises farfelues.
« Tu viens avec moi, Mika ? » demanda le jeune garçon à l'homme qu'il considérait comme son frère.
« Bien sûr ! »
« J'ai eu la peur de ma vie, aujourd'hui, j'ai cru que cette fois, elle allait me botter les fesses pour de bon. »
« Le capitaine ne ferait jamais ça à un jeune comme toi. »
« Tu crois ? »
« J'en suis même sûre ! » rigola Mika.
« Si cette corde... » marmonna le Jeunot.
« Et même si cette corde n'avait pas été là, elle ne t'aurait pas arrêté, tu es toujours aussi rapide ! »
« Espérons que ça dur. »
Les courses-poursuites entre Yulia et le mousse (le Jeunot) se terminaient le plus souvent par un abandon du capitaine mais elle se vengeait d'une autre façon... Par exemple, privation de repas. C'était un grand gourmand comme Yulia, qui n'hésitait pas à prendre sa part quand il était puni.
« Il fait beau aujourd'hui. Pourquoi ne pas sortir un peu ? » proposa un matelot en entrant prudemment dans la cabine.
« Le Jeunot a choisi Mika ? »
« Oui, comme d'habitude, ils sont très proches. »
« Ils sont déjà partis ? »
« Oui. »
« Très bien. »
« Tu n'as pas répondu à ma question, pourquoi ne veux-tu pas sortir ? »
« Pas le temps. »
« Tu n'as jamais le temps. Toujours plongée dans tes pensées à écrire ! »
« Tu parles pour ne rien dire, va-t-en ! »
« Yulia, nous nous connaissons depuis longtemps, tu sais que j'ai raison ! »
« Tu es sourd ? Je t'ai dit de partir ! »
Il la défia du regard un instant, et s'en alla le visage fermé. Etait-ce une façon de parle comme ça à son meilleur ami ? Wilfried était un homme bien, un mari fidèle, un pirate à respecter. Un défi du regard si impressionnant. Wilfried était le seul homme à pouvoir la défier ainsi. Elle garda en bouche, l'amertume des ordres qu'elle lui avait donné. Yulia passa sa main dans sa chevelure brune tout en réfléchissant. Elle fixait sa plume qu'elle avait laissé rouler le long de sa feuille, les gouttes d'encres s'empreignaient du bout de papier salissant les jolis mots que Yulia avait écrit. Mais c'était fait volontairement, elle devait effacer peu à peu ce qui l'empêchait de profiter de la vie. Certains ne comprendront pas ce geste, d'autres, oui. Le monde est rempli de questions auxquels les réponses ne sont pas celles que l'on attend. Le corps fatigué sur un matelas dur, Yulia se remettait en question, elle ferma les yeux et s'imagina les choses comme elles les voyaient. Pourquoi vivre sa vie, enfermée comme un rat ? Tant de pourquoi et jamais de parce que...
« Yulia, la vie est courte, la vie est courte, arrête de te demander tant de choses, la vie est courte, ma vieille ! » murmurer-t-elle.
Se levant de son lit, elle se dirigea dehors, se sentant mieux dans sa peau. Wilfried l'avait vu.
Un sourire tendre se dessina. Yulia décida d'échanger quelques paroles avec son ami :
« Dès que le Jeunot revient avec Mika et les esclaves, nous lèverons l'ancre. »
« A vos ordres, Capitaine Yulia ! »
« Ou Capitaine Volkova, n'oublies pas ! »
« Très bien, Capitaine Volkova. »
Ils échangèrent un sourire. La conversation prit fin, elle alla voir ses autres hommes. Après avoir fait le tour, la brune regarda le ciel en chuchotant :
« Aucun nuage noir à l'horizon. »
Une journée ensoleillée effectivement. Elle sauta du bateau, agile comme un chat, et retomba sur ses pieds légèrement, la hauteur entre le bateau et le sol n'était pas grande, elle pouvait facilement s'échapper du navire de la sorte.
Elle arpenta les rues de cette ville inconnue, croisa les regards charmeurs d'autres pirates. Yulia finit par se rendre dans un bar, les pirates saouls tapaient les fesses des femmes qui dansaient, d'autres se battaient, un univers que Yulia pouvait supporter, elle ne commanda rien, elle observait les gens, les femmes égales à des sirènes envoûtantes emmenaient les homme au deuxième étage pour faire des choses que Yulia ne ferait jamais.
Un pirate à l'odeur de transpiration glissa tout le long du bar, Yulia le regarda et le pris au col pour le balancer plus loin.
« T'es très forte ma cocotte... » chuchota un homme aux dents pourries.
Il se rapprocha, Yulia tenta de l'ignorer, mais il ne tarda pas à mettre la main à ses fesses, ce vieux pervers fut envoyé à travers une vitre par notre capitaine en un instant. Une bagarre encore plus grande, se déclancha. Essayant tant bien que mal de sortir du bar, elle prit un malin plaisir à frapper tous les mâles qui se mettaient en travers de son chemin.
L'oxygène lui revenait dans les poumons, elle se sentait mieux une fois sortie du bar. Après une bonne heure d'absence, elle se décida à retourner au navire.
Mauvaise surprise, tout le monde était parti, elle cria pour se faire entendre et le Jeunot apparut toujours au service de Yulia.
« Ah ! Vous êtes là, capitaine ! »
« Où sont les autres marins ? »
« Ils sont partis, craignant votre colère... »
« Quoi ? Exprime-toi mieux, je ne comprends pas ! »
« Mika a choisi un esclave qui ne vous plaira pas. »
« Eh bien, qu'il me le montre ! Je n'attends que ça ! »
« Tout de suite. »
Il s'exécuta, en revenant il était accompagné d'un homme assez séduisant, brun ténébreux aux yeux gris. Elle sourit sans le vouloir.
« Où est le problème ? »
« Voici le premier esclave, il s'appelle Timothée. Il n'a pas coûté très cher et il sait où se situent le nord, l'est, l'ouest et le sud sans avoir besoin de boussole. »
« Nous n'avons pas besoin de boussole humaine pour l'instant, il servira à rendre le bateau encore plus beau, n'est-ce pas ? »
« Oui, oui ! » s'empressa l'esclave.
« Bon. Je veux voir l'autre ! »
« Heu... Tout de suite... »
Le manque d'assurance dont faisait preuve le Jeunot, inquiéta Yulia, que pouvait bien avoir cet esclave de si particulier ? Timothée semblait correct et séduisant. Séduisant ? Oui, enfin non, il plaisait à Yulia mais c'était sans plus.
Mika apparut, salua son capitaine et pris par la main une personne. Ils avaient osé ! Ils avaient osé l'interdit ! Elle transperça Mika du regard. Il avait choisi une femme comme esclave ! Une femme ? Oui, une rousse aux yeux verts, très charmante, un regard fragile... Yulia fut touchée par l'innocence de son expression, mais c'était une émotion de courte durée. Elle entra dans une de ses colères qui n'en finissent pas. Une femelle ! Sur son bateau ! Il ne manquait plus que ça.
« Qu'est-ce qu'une femme fait ici ? »
« Elle nous sera utile. » fit Mika en gardant son sang froid.
« Utile à quoi ? Pour l'amusement de l'équipage ? Je t'avais pourtant dit : pas de femme ici ! »
« Elle a toujours rêvé d'être pirate ! »
« Je n'en n'ai rien à faire qu'elle a toujours voulu être pirate ! Je ne veux pas de femme sur le bateau, c'est tout ! Qu'elle disparaisse de ma vue ! » vociféra-t-elle.
« Bravo Lena ! T'es super bien tombée là ! Pourquoi elle ne veut pas de moi ? J'ai quelque chose de travers, fait lui les yeux de petit chat sensible, allez ! Tu vas pas laisser passer ta chance, en plus ton capitaine est sexy, mais qu'est-ce que je vais penser, moi ? J'aime les hommes ! Bon alors concentres- toi, fais-lui les yeux doux ! Drague-la ! Quoi ?! Draguer une femme ? Ca va pas non ? Lena, tu devrais garder ton calme, tu n'as qu'à draguer son père ! Mais il n'est pas là, Lena! Son frère alors ! Pas là non plus ! T'as pas entendu ce que le pirate t'a dit ? Si si si.... » improvisait Lena dans sa tête pendant que Mika et Yulia se disputaient pour elle.
« Si nous la rendons, nous aurons perdu de l'or et quelqu'un d'utile ! » riposte-t-il.
« Bon. Nous n'allons pas la rendre, nous allons la revendre ! Mais il est trop tard aujourd'hui ! Demain quand nous serons sur la mer, nous la proposerons à un navire marchand ! »
« Mais c'est immoral ! »
« Je ne reviendrais plus sur ma décision ! Sois content qu'elle reste là pour cette nuit ! »
Il se retint de dire quelque chose qu'il aurait pu regretté, il prit Lena par l'épaule et l'emmena dans sa cabine. Yulia donna un coup de pied dans un tonneau pour exprimer son énervement. Vivement que cette fille disparaisse ! Jamais une femme autre que sa mère et elle, n'était montée sur ce navire, Mika avait osé et pour quelle raison ? Elle avait failli être vendu à des pervers qui l'auraient tuer après l'avoir violée... Il avait fait justice mais pas pour Yulia. Mika était un bon pirate, sûr de lui, même un peu trop. Il avait résisté au serment de son capitaine, et cela faisait bien, la première fois, tout ça pour une fille. De mieux en mieux...

« On lève l'ancre ! » ordonna Yulia.
L'équipage était revenu avant la nuit, tous voulant savoir ce qui c'était passé, ils avaient même pariés si cette femme resterait ou pas sur le navire. Quels idiots ! La brunette avait encore une boule dans le ventre, et sortit prendre l'air pendant que le bateau voguait sur la mer, paisiblement.
« Tu n'aimes pas la nouvelle ? »
« Ca se voit tant que ça ? » se moqua-t-elle.
« Pourquoi, tu la rejettes ? »
« Wilfried, depuis que ma mère est morte, il n'y avait que moi sur ce bateau ! Et là, cette rousse s'incruste sous prétexte qu'elle serait très utile ! Pour divertir mes hommes, oui ! »
« Tu penses que Mika s'est trompé ? »
« Oui, sur toute la ligne. »
« Pas moi, je trouve qu'une deuxième femme sur le bateau ne serait que positif. »
« Tu m'énerves ! »
En se rendant à sa cabine, elle entendit un cri venant de la cabine des nouveaux venus, elle haussa les épaules, de toute façon qu'est-ce qu'elle en avait à faire de cette fille ? Mais les cris commençaient à l'agacer. A contre c½ur, elle alla voir, et vit que Timothée faisait des avances à sa compagne de chambre. Il fut pris par derrière et tomba par terre lourdement, Yulia mit son pied sur sa partie sensible.
« Si ton meilleur ami est en manque, j'ai de quoi lui rafraîchir les idées, tiens, un bain dans l'océan ça te dirait ? »
« Pi..Pitié, je ne recommencerais plus... promis... »
« J'aime mieux ça ! »
« Merci... » souffla la jeune fille.
« N'essayes pas de m'acheter avec tes bonnes manières, j'ai fais ça pour que cet homme comprenne, pas pour te sauver la mise ! » remarqua Yulia avec froideur.
Lena fut blessé par les paroles de la brune, elle ne comprenait pas pourquoi elle était aussi méchante avec elle. Timothée se releva et suivit Yulia sur le pont pour aller travailler. Lena resta figée un instant, se remémorant sans cesse le regard froid que le capitaine lui avait envoyé...
Pourquoi était-elle comme ça ? Une femme de plus sur le bateau qu'est-ce que ça change ? Yulia avait éveillée quelque chose en Lena mais elle ne savait pas quoi, elle voulait lui plaire, elle voulait la connaître. Mais si Yulia continuer à se comporter comme ça elle en fera de même.
« La cabine vous plaît ? »
La voix chaude de Mika fit sortir Lena de ses pensées. Il lui adressa un sourire tendre, elle le lui rendit. Cet homme l'avait sauvée des griffes de ces hommes sans c½ur, un c½ur de pierre. Elle ne savait pas comment le remercier.
« Oui, elle est parfaite. Merci. »
« Je suis désolé pour l'incident avec le capitaine, elle est sûrement un peu tendue... »
« Elle n'est pas tendue... » murmura Lena en réfléchissant.
« Qu'as-tu dit ? »
« Elle n'est pas tendue. »
« Qu'insinue-tu ? »
« C'est très clair, le capitaine ne veut pas d'une personne féminine à par elle sur son navire, elle l'a bien dit. Maintenant vous avez enfreint la règle, elle est en colère contre vous et moi. »
« Elle ne comprend pas, c'est tout.»
« Si elle ne comprend pas, elle ne comprendra jamais. »
« Je le lui expliquerais ! » assura-t-il convaincu d'avoir raison.
« Ca ne changera pas les choses Mika. Elle ne désire aucune fille et j'en suis une, elle n'aime peut être pas les femmes ! Tout simplement. »
Un cri ce fit entendre de l'extérieur, Mika s'excusa et s'en alla rapidement. Lena se retrouva seule. Une nouvelle fois. Toujours le visage de Yulia en tête et cette phrase... Si froide, ce regard glacial lui avait fait froid dans le dos.
Il était tard, le sommeil et les bâillements des pirates commencer à être présents. Après avoir fait leur travail, ils mangèrent entre eux, Lena avait était invitée pour faire connaissance. Yulia avait refusé de se joindre à eux, encore énervée de voir une fille sur son bateau.
« Vous ne vous couchez pas Capitaine ? »
« Non, je n'ai pas sommeil. »
« Je voulais vous dire, le Jeunot à sali le pont avant, ne me demandez pas comment. Je dois allez le cherchez pour qu'il nettoie ? »
« Non, amenez moi la nouvelle. »
« La nouvelle ? Pourquoi ? »
« Faut bien qu'elle apprenne à bosser, depuis qu'elle est arriver personne ne lui à donner de choses à faire, je vais lui en donnez moi ! »
« Mais il est tard Capitaine...»
« Et alors ? Qu'est ce que ça peut te faire ? »
« Ben... »
« Tais-toi ou c'est toi qui nettoie le pont jusqu'à que je puisse me voir dessus ! »
« Je vous l'amène tout de suite ! »
Yulia leva les yeux au ciel, il n'y avait que les menaces qui marchait avec cette idiot de Franck, toujours avec ses lunettes pour se donnez l'air intelligent alors qu'il voyait très bien, essayant de se faire passer pour un philosophe, il se faisait souvent humilier par ses phrases débiles. Petit et maigre, c'était un drôle de personnage et c'était le seul à savoir lire le latin.
« Vous vouliez me voir ? » demanda Lena en se rapprochant.
« Oui. Te voir nettoyer le pont. Le Jeunot l'a sali et ne me demande pas comment ! »
Elle chercha de quoi nettoyer et commença à s'activer. Yulia l'observa un instant, et fit un sourire sans s'en apercevoir, tout compte fait cette esclave était efficace, sans broncher elle avait obéi, peut être parce qu'elle voulait rester ici ? Yulia chassa cette pensée. Non, elle ne resterait pas ici. Elle l'avais décider, et puis elle en était sûre elle serais un amusement pour ses matelots en manque d'affection. En manque d'affection ? Oui, ils viennent souvent chez Yulia, faisant des avances ou imitant un chien battu pour être réconforter, que de technique pour plaire au capitaine. Mais son c½ur n'était pas ouvert à tout le monde...
« Tu t'appelles Lena ? »
« Oui. Lena Katina. »
« Katina ? C'est ton vrai nom ? »
« Oui. Je suis russe. »
« Comment une russe peut-elle arriver jusqu'ici ? »
« J'appartient à une famille riche, la vie sur de l'or ne me plait pas et ne me plaira jamais, tu ne fais même pas le moindre efforts pour obtenir quelque chose, l'argent est leur langage. Je me suis enfuit et c'est là que l'ont m'a capturé. J'ai voyagé de pays en pays dans une cage, traitée comme une chienne. Même si j'ai pleurée, mais si j'ai souffert cette vie est bien meilleure comparée à celle des riches, je voyage, rencontre des gens... Une aventure difficile je l'avoue. »
« Eh bien, tu es très surprenante, préférée une vie de misère à une vie de luxe... Je ne sais pas comment tu fais... »
« Je vis tout simplement. Quand tu es riche, tu ne manques de rien, ce n'est pas vivre. Vivre c'est ce battre. La vie est un combat. »
« C'est bien beau ce que tu dis. »
« Vous avez baisser vos défenses contre moi ? »
« Non, c'est juste pour avoir quelque choses à raconter à mes marins quand vous serez partis. Histoire de les réconfortées. » ironisa la brune.
« De quoi parlez vous ? »
« Ne faite pas l'innocente, vous savez très bien qu'ils vous ont tous pris en affection, il n'y a eu que de la drague lors du repas. »
Elle lui tourna le dos et s'en alla dans sa cabine, Lena continuer a frotté, elle y avait presque cru, Yulia avait paru gentille à un moment. Lena avait compris qu'avec elle, il ne fallait pas croire qu'en parlant un court instant elle gagnerait sa sympathie... Mais il était trop tard, demain elle allait être vendue. Pourquoi vouloir à tout prix plaire à quelqu'un que vous ne verrez plus jamais de votre vie ? C'était stupide, Lena se ravisa.
Son travail enfin terminé elle alla se coucher, son partenaire de cabine ne dormait pas, il regarde le plafond les yeux ouverts et sursauta quand Lena rentra. Elle remarqua sa peur dans son visage, il se releva et s'installa sur le lit.
« A quoi tu penses ? »
« Au capitaine. »
« C'est-à-dire ? »
« Ca te regarde ? »
« Ok. Si tu ne veux pas être amis je comprendrais. »
« Lena... Le capitaine m'intrigue... »
Elle resta interloquée par l'aveux de Timothée, elle se posa à son tour sur son lit et commença à enlever ses vieux habits.
« Tu pourrais te retourner, j'aime pas me déshabiller devant une personne. »
« Pas de problème. »
« Moi qui te prenais pour un homme qui voyait sa vie que a travers son... Enfin tu vois ? »
« Oui ! » rigola-t-il face au mur.
« Alors comme ça, Yulia te plait ? »
« Ben, je sais pas trop. C'est une fille si inaccessible et ça me perturbe... »
« Héhéhé. C'est les vrais femmes ça ! »
Un rire partagé, une complicité trouvée, ils s'endormirent tout les deux, épuisaient de leur long voyage d'esclaves...
Le matin. Le commencement d'une nouvelle journée. Lena, à moitié entre le sommeil et la réalité tomba de son lit, se débattant avec sa couverture. Visiblement en difficulté, Timothée l'aida à affrontait la dur réalité. Elle broncha sans pouvoir regarder correctement son ami. Elle savait qu'elle avait dit quelque chose pendant qu'elle se battait avec son drap, elle craignait que Tim l'es entendu. La pièce illuminer par le seul rayon qui traversait la fenêtre se réchauffée lentement, le bois donnant un aspect de sécurité... Cette chambre était paisible, un peu trop paisible. Elle avait eu peur de quelque chose. De quelque chose. Oui. Si effrayante. Si transpercente. Comment pouvait-t-elle le savoir ? C'est simple. Sa respiration c'était accéléré subitement. Elle ne voulez pas regardée Timothée de peur de l'inquiéter mais c'était déjà fait. Allongée sur le sol, il la serrait fermement pour la calmer.
« Que voulais dire ces phrases ? »
« De quelles phrases parle-tu? »
« Lena, dans ton sommeil tu parler à quelqu'un mais je n'est pas pu distinguer ce que tu disais... »
« Ca n'as pas d'importance. »
« Je ne pense pas. Ca avait l'air plutôt grave. »
« Mêle toi de tes affaires. » cria Lena en s'écartant de lui mais il la retint.
« Reste ici. »
Il inspira de manière à sentir le parfum de la jeune femme, il posa ses lèvres sur son cou. Délicate. Douces. Comme de la soie. Lena ferma les yeux. Une image. Non ! Surtout pas celle-là, et remua sa tête de façon à la chasser. Cette pensée. Cette personne, toujours la même hantant son esprit. Toujours elle. Elle, Yulia.
Soudain, un bruit de porte. Les regards s'échangent. Lena se sens mal, elle n'ose pas affronter le regard assassin que lui lance Yulia. Oui, Yulia. Le coup typique dans des situations pareil. Elle s'en va, en n'oubliant pas de dire qu'ils avaient du boulot, et pas de la plus douce manière qu'il soit, une phrase brute et plein de dégoût...
« Capitaine, vous n'avez pas faim ? »
« Non ! »
« Que vous arrive-t-il ? »
Yulia s'assoit à son bureau. Jamais elle n'aurait pensé que Lena allait se laisser séduire par ce pervers... Elle tapa du poing sur la table. Le Jeunot l'avais suivit.
« Capitaine... »
« Quoi ?! » cria-t-elle.
« Qui peut vous mettre dans un état pareil ? »
Oui. Pourquoi Lena l'a mettait dans un état pareil ? Jamais elle n'avait était autant en rage pour si peu. Etait-ce parce qu'il s'agissait de Lena ? Yulia pris sa tête entre les mains, et grogna. Lena devait disparaître le plus vite, elle commençais à être trop impliqué dans la vie de Yulia, et pourtant... En si peu de temps... Cette jolie rousse avait déclanché un choc en elle, Lena lui plaisait oui, mais elle s'interdisait d'être aimable avec elle. Son père lui avait fais promettre de ne jamais emmener une femme autre qu'elle et sa mère sur ce navire. La voilà la vraie raison. Cette trahison lui restait en travers de la gorge l'empêchant de se sentir bien. Lena était la cause de tous ses soucis de conscience. Evidemment elle reposer tout sur les innocentes épaules de la rousse.
« Va manger, j'ai besoin d'être seule... »
« C'est Lena ? »
« Pardon ? »
« C'est Lena la cause de votre excès de rage, encore une fois... » dit-il songeur.
« Tu te prend pour un adulte ? »
« Je n'est jamais dit ça. »
« Alors mêles toi de tes affaires ! » agressa-t-elle.
Elle était trop bien énervée pour se rendre compte du ton qu'elle mettait dans de simples phrases. Rage. Colère. Destruction. Voila les mots qui brûlaient à la bouche de Yulia.
Le Jeunot tourna les talons et s'en alla. Yulia ne l'avait jamais agressé de la sorte, il avait était blessé et il préférait partir avant d'être atteint encore plus par la colère de la brune...
Elle se mordit la lèvre, toute cette colère inutile... Elle se reposa sur son lit, réfléchissant à cette rousse. Toujours cette rousse.
« Je crois qu'on devrai allez manger... » confia Timothée mal à l'aise.
« Moi aussi. »
Ils se levèrent du sol, prenant en même temps la porte, ils se coincèrent ensemble. Il se retira et fit un signe à Lena de passer...
Elle passa devant la cabine de Yulia, la porte ouverte. Elles se fixèrent, le regard transpercent de Yulia blessa à nouveau Lena. Pourquoi était-elle autant atteinte par cette brune ? Elle lui renvoya ce regard, afin de lui faire bien comprendre qu'elle en avait vraiment marre.

Déjeuner agréable en perspective, l'équipage s'activa à la tache. Lena avec le Jeunot nettoyant le pont. Timothée avec un autre homme surveillait de près la mer.
« Le capitaine vous a à l'½il... »
« Je m'en fiche royalement ! »
« Hey ho doucement, tu te rebelles maintenant ? »
« De toute façon qu'est-ce que ça change, je vais être vendu d'ici peu ! »
« C'est vrai. Mais bon, tu ne devrais pas défier comme ça Yulia... »
« Je fais ce que je veux ! Arrête de jouer le grand ! »
Le Jeunot eu comme un raisonnement, Lena avait dit presque la même chose que Yulia. Cesser de vouloir faire le grand. Elles étaient faites pour s'entendre. Mais Yulia renait toute entente, et maintenant Lena se rebeller contre elle. Il laissa son travail de coté et alla rejoindre Yulia.
« Cap'taine ! Lena vous défie ! »
« Pardon ? »
« La nouvelle vous défie ! A l'épée ! »
Oui. Enfin non. Que voulait dire le Jeunot ? Lena allait se tuer. Enfin, peut-être. Yulia savait manier l'épée comme personne. Le Jeunot avait fait une bêtise de trop. La brune se surpris à être d'accord de se battre avec la rouquine. Le jeune homme savait ce qu'il faisait, qu'avait-il encore derrière la tête ? Il se trompait. Non, peut-être pas. Ce combat pourrait être une sorte de compromis... La voilà l'idée du Jeunot. Il donnait l'impression d'être sûr de lui, quelque chose d'agaçant pour Yulia...

Défi du regard qui en dit long sur la détermination de Yulia. Lena qui ne comprenait pas la situation, tenta d'en savoir plus :
« Que me voulez-vous ? »
Secs. Froids. Les mots avaient touchés Yulia jusqu'au plus profond de son âme. Pourquoi était-elle aussi atteinte ?
Son épée, fidèle, menaçante. Elle la dégaina rapidement. La lame posée au bas du cou de Lena, position dangereuse. Elle se retira, aucune crainte, aucun signe de faiblesse. Non, jamais. Ne jamais baisser la garde devant la brune. La rousse avait compris, elle voulait se battre.
Vengeance ? Menace ? Provocation ? Rien que ça.
Lena prit l'épée du Jeunot, Yulia échappa un rire. Moqueur. Ironique. La rouquine sentit la haine s'agrandir. Elle serra fermement l'épée de sa main droite. Geste soudain. Yulia contra son attaque, les deux épées s'étaient rencontrées brusquement. Lena tenta une attaque d'en bas, à nouveau contrer.
Le combat commença à être plus rapide, gauche, droite. Raisonnements des fers qui se croisaient éternellement.
« Tu n'as aucune chance ! » cria Yulia.
Un combat interminable. Elles se déplacées sur le bateau au fur et à mesure des coups.
Précis. Enfin. Trajectoire déroutées. Yulia c'était écarté à temps mais elle n'avait pas pu tout éviter. Lena l'avait blessée à l'épaule, une marque, une entaille.
Le sang commença à s'imprégner de la chemise autrefois blanche de Yulia, mais malgré la douleur elle continua son combat.
La rage frappa un grand coup, emporter pas sa colère, elle avait puisait sa force dans sa haine.
L'épée de Lena tomba. A nouveau, Yulia avait mis la pointe de son arme sous la gorge de la rousse...
« Tu croyais m'avoir ? » demande le capitaine, un sourire moqueur sur les lèvres.
Lena ne répondit pas. Elle l'a regardé. Droit dans les yeux. Regards intenses. Regards noirs.
« Sache que personne ne peut me battre. » ajouta la brune en baissant son épée.
Elle ria, heureuse d'avoir battue Lena, même si cela avait été dangereux.
En retournant dans sa cabine, elle eut mal à son épaule. Cette entaille ne l'avait pas abattue mais la douleur était bien trop présente. Yulia se soigna. Elle mis un bout de tissu, le serra fermement et se coucha sur son lit en soupirant.
Le Jeunot, qui avait assisté au combat, resta interloqué de ce défi si rude.
Tensions. Haine. Amertume. Les deux jeunes filles étaient maintenant ennemies. Leur relation était confuse, trop confuse.
« Tu t'es bien défendu. »
« Je n'ai pas besoin de tes compliments. »
« ...Tu as décidée de ressembler au capitaine en étant agressive avec moi ? »
La rousse tourna la tête, surprise par les mots du Jeunot. C'est vrai, elle avait été insupportable envers lui. Elle n'aiment pas son comportement mais ne pouvait s'empêcher d'être énervée contre tout le monde. Lena ne pouvait pas s'attaquer à Yulia au risque de se faire jeter par-dessus bord, alors elle se défouler sur les autres. Il fallait se faire à cette idée.
« Je suis... »
« Désolée ? compléta la Jeunot, ce n'est pas grave. Le capitaine vous met la pression, je peux comprendre. »
« Merci. Tu es vraiment gentil même si moi je suis détestable... »
« Vous n'êtes pas détestable, vous êtes énervée. »
Elle lui sourit. Ce garçon était bon, drôle et attachant. Lena ne pouvait s'empêcher de rester insensible à l'amitié que lui offrait celui-ci.
Le reste de l'heure se passa en rires. Le jeune garçon jouait les humoristes derrière les regards amusés de Lena. Mais quand Yulia apparut sur le pont, le Jeunot étant en train de faire un numéro, vit la brune et tomba aussitôt de son équilibre presque parfait.
« Ca t'amuse de jouer à ça ?! »
« ...Je...Capitaine... »
« Hors de ma vue ! »
« Mais... »
« Va dans ta cabine ! »
Il s'exécuta, il savait que dans ces cas là, il n�avait pas le droit de s'exprimer, il étouffa un juron. Lena ayant finit son travail, passa devant Yulia et l'a regarda en la fusillant du regard.
Avoir était aussi dur avec le Jeunot l'avait dégoûtée. La brune ne répondit pas au regard blessé de cette violence dans ses yeux. Comment était-ce possible d'être autant touchée par une femme que l'ont déteste ?
« Un bateau en vue ? »interrogea-t-elle.
La capitaine regarda au dessus de son épaule pour voir si Lena était encore là à parler avec un marin, à cette instant précis, la rousse disparut dans le couloir des chambres. Yulia soupira puis regarde à nouveau Timothée et Wilfried en attendant la réponse. Visiblement, ils hésitaient à répondre, ils étaient mal à l'aise.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Toujours pas de réponse. Elle arracha la longue vue, voulant vérifier de soi-même. Après une minute d'observation, un sourire se dessina.
« Enfin...»murmura-t-elle.
Ouais, il était temps qu'un bateau arrive, plus précisément un bateau marchand. Celui qui va faire disparaître Lena, celui qui va rendre heureuse Yulia. Mais peut être pas si heureuse que ça.
« Capitaine, vous ne pouvez pas... »
« Je ne peux pas quoi ? Revendre Lena ? »
« Oui. Elle est importante, il faut se rendre à l'évidence, Lena apporte quelque chose à l'équipage. »
« Alors ça ! Wilfried ! Je n'aurais jamais cru que tu te mettrais du côté de cette rousse ! »
Wilfried fit un air gêné. Yulia le regarda avec étonnement et déception. Il n'était donc pas l'homme qu'elle croyait ? Une femme avait alors réussie à changer un homme comme lui ?
Parfois on peu découvrir que les gens à qui l'ont fait confiance nous trahisse, tôt ou tard.
Alors la dispute éclate, laissant des morceaux de mensonges, d'insultes, de regrets s'écrasaient sur le sol, disparaissant peu à peu pour laisser place à une nouvelle chance, mais seulement quelques fois.
« Tu me dégoûtes ! »
La brune serait restée une minute de plus à observer le visage désolé de Wilfried, elle aurait fait un crime. Quand la personne se dévoile ainsi, c'est comme si une chose douce se transformerait en pierre. Cela fait mal. Le caillou saigne, la douceur fait place au malheur des larmes brisant des visages tel des lames coupant des vies.

« Yulia a vraiment changée. »
« Je suis désolée, depuis que je suis là rien ne vas plus... »
« Ce n'est pas vous la fautive mais Yulia. »
« Tu es sur ? »
« Avant elle me souriait, me taquinait, me consolait et m'aidait. Maintenant elle m'engueule, me regarde avec ses yeux si... »
Il ne pu terminer sa phrase, sa voix était lourde, les larmes lui brouillait la vue, Yulia lui avait fait du mal, trop de mal. Lena comme un réflexe s'approcha de lui et le pris dans ses bras. Consolation. Sécurité. Apaisement.
Le regard du capitaine était devenu comme un orage perçant le ciel, déchirant les étoiles.
Trop de changement en si peu de temps. L'équipage était morose, atmosphère vide, sans aucun sens.
Silence. Pensées. Amertume, un mot qui revient souvent, un mot correspondant à cette situation. Le Volkova n'était plus le même, c'était comme si les ténèbres l'avait envahi et mit sous le contrôle de Satan.
Une solution ? Il y en a une à tous les problèmes, enfin, c'est ce qu'on dit.
La solution serait de se débarrassée de Lena et de faire semblant que rien ne c'était passée ici ?
Plus facile à dire qu'a faire...

« Capitaine ! appelle Timothée en suivant celle-ci, arrêtez, Lena est indispensable sur le bateau ! »
Elle se retourne et le regarde dans les yeux. Déstabilisation. Elle attrape fermement avec ses deux mains la chemise de Timothée. Elle ne le soulève pas, mais son empoignade est un signe d'énervement, gros énervement.
« Ca ne fait même pas deux jours que tu es ici et tu dis qu'elle est indispensable ? »
Elle le jette au sol. Il reste par terre, soutenant le regard de Yulia comme un chien prêt à mordre. Son dos avait subi à sa colère, mais la colère de l'homme lui faisait oublier quelconque douleur.
« Va la chercher, espèce d'idiot ! »
Wilfried relève son ami qui lui, garde le regard posé sur la brune. Vengeance, oui il l'aura, un jour.
Le bateau marchand s'arrête à proximité du Volkova. Le vendeur tel une fourmi ayant détecté de la nourriture lance à Yulia :
« Il est où vôtre capitaine ? J'aimerais lui parler ! »
« Vous l'avez devant vous. J'ai quelque chose à vous vendre. »
« Ah oui ? Et quoi donc ? »
« Une esclave, très charmante, parfaite pour vous. »
Les compliments. Il n'y avait que ça qui marchait pour ces naïfs de vendeurs. Surtout les hommes. Le vendeur rigole, flatté.
« Montrez là moi. »
« Tout de suite. »
Lena sort dehors. La lumière agresse ses yeux. Les chaînes lui brûlent les poignées et ses habits sont sales comme si elle s'était roulée dans la boue.
La rousse voit l'homme qui allait l'emporter, elle fait une moue.
« Je la prends ! »
Yulia saute sur le petit bateau, marchande avec lui et en quelques secondes Lena se retrouve sur un bateau pourri et amoché, le Volkova est flambant neuf à côté. Impression bizarre.
« On vas bien s'amusez toi et moi. » dit-il à la rouquine une fois en sa possession.
La brune se retourne en attendant ces paroles, elle n'était pas encore monter sur son navire. Les mots du vendeur lui avaient fait mal. Pourquoi ? A vous de deviner. Elle sort son épée et pose la pointe de l'arme violemment sur le cou du pervers.
« Je te rends ton or, rends moi la fille. »
« Tu rêves, elle est à moi ! »
Pour lui prouver que c'est bien vrai, il pose ses mains sur les fesses de Lena, Yulia entre dans une de ses colères. Les hommes comme ça, c'est à peine si elle peut les sentir.
La lame de son épée rentre un peu plus dans le bas du cou mais pas assez pour lui tranchée la gorge, c'était fait exprès. La transpiration comme à perler sur le front du vendeur, il pousse Lena vers Yulia et supplie :
« Ne me tuez pas, gardez l'argent surtout. »
« Ca me conviens parfaitement. »
Un instant plus tard, il prend le large, enfin. Grande gueule. Mais rien dedans. Grand homme. Mais qui ne vaut rien. Plus de graisse que de cerveau.
Les deux femmes remontent à bord, les matelots n'en reviennent pas.
« Capitaine, je... » commence Lena.
« Ce n'était pas pour toi, c'était pour donner une leçon à ce pervers et faire plaisir a l'équipage. Leur colère envers moi aurait pu faire couler le navire, je les connais. »
Il vaut mieux prévenir que guérir. D'un côté Yulia disait la vérité, et d'un autre côté sans qu'elle ne le sache, elle voulait garder cette rousse, ce désir était enfoui en plus profond de son âme, un désir secret qu'elle savait ignorer.
« Allez les gars, vous pouvez faire la fête, Lena reste ici jusqu'à que nous trouvons un port où se reposez. Attendait vous à ce que sont retour sois de longue durée. »
Ils crient tous de joie, Yulia regarde Lena, mais normalement, ensuite elle lui adresse un sourire. Puis elle disparaît du pont.
Un sourire ?! Oui, et je peux vous dire que Lena est la première surprise. C'était la première fois que la brune lui souriait, l'esclave considère ça comme une première victoire.
Ouais, elle a gagnée la bataille mais pas la guerre, loin de là.

Des lèvres lui embrasse les joues, des bras la portent en l'air et des cris de bonheur s'échappent à en crever les poumons. Les matelots sont plus qu'heureux.
Lena essaye tant bien que mal de s'intégrer à la fête mais c'est plus fort qu'elle, elle avait envie de voir Yulia, cette fille qui, avec son sourire semblait plus accessible. Mais elle se doutait que ce n'était par pour bien longtemps. Justement.
« Tu ne bois pas de rhum Lena ? » demande Timothée entre deux gorgées.
« Je n'ai pas soif. »
« Tu sembles absente, tu n'es pas heureuse d'être là ? »
« Si, si mais... »
« Tu aimerais voir Yulia. » intervint le Jeunot comme si il lisait dans ses pensées.
« Comment tu peux le savoir ? »
« Cela ce voit. Tu n'arrêtes pas de regarder vers les chambres, dans le seul espoir de l'a voir sortir. » fit-il en s'asseyant à côté d'elle.
Lena resta muette. Le Jeunot l'a surprenait de plus en plus. Il avait presque toujours raison. Il avait un sens de vivre étonnant. Ce gamin était un prodige né. Non, elle n'en faisait pas trop.
« Tu lis dans les pensées maintenant ? » questionne Tim.
« Non. C'est la logique des choses. Et j'ai l'impression qu'entre elle et Lena, ce n'est pas qu'une affaire de filles. »
« Peut être as-tu raison. » chuchote la rousse.
Elle est restée là. Avec lui. A discuter de Yulia, de lui, d'elle. Elle se sentait bien. Elle se sentait comprise. Personne ne les a dérangées. Timothée faisait un concours avec un matelot, bien plus loin. Et Wilfried était parti se coucher.
« Tu crois que j'arriverais à m'entendre avec elle ? »
« J'pense que oui, mais ça mettra du temps, beaucoup de temps. »
« Et qu'est ce que je dois faire ? »
« Jouer le même jeu qu'elle. C'est-à-dire, être rebelle, être dur, comme elle, faire comme elle, comme son comportement. »
« Je vais essayer. »
« N'essaye pas, fait le. »
Elle sourit, il fait de même. Lena se lève, lui souhaite une bonne nuit et rejoins sa cabine, quand elle passe devant celle du capitaine, celle-ci l'interpelle.
« Oui ? »
« Entre, on va parler. »
« Très bien. »
« Ferme la porte. »
Elle s'exécute, et reste debout devant elle. Yulia est assise sur son lit, les mains croisaient sur ses genoux.
« Si je suis cruelle avec toi, ce n'est que par rapport à mon père. Je n'arrive pas à t'aimer Lena, quelque chose m'en empêche, et même si j'essayerais, je n'y arriverais pas. »
« Pourquoi ?! »
« Ne me demande pas pourquoi Lena. »
« C'est n'importe quoi ! » s'énerve-t-elle.
Adieu la gentille Lena, faite place à la Lena qui met carte sur table et qui ne passe plus part quatre chemins. Etonnant changement ouais. Mais il le fallait, s'en était de trop.
« Tu m'agresses maintenant ? »
« Je ne vous ai rien fait ! Jamais ! Et vous, vous vous en prenez à moi ! Pourquoi ? Je ne sais pas ! Jetez moi par-dessus bord alors ! En plus, avec mon comportement je vous donne des raisons de le faire ! Les pirates peuvent faire tout ceux qu'ils veulent, ouais ! Mais je crois bien que l'équipage vous en empêcheras ! »
Elle ouvre la porte et en sort tel une furie pour regardait une dernière fois Yulia, les larmes de colère au bord des yeux.
Yulia, qui ne s'attendait pas à une telle réaction, se lève de son lit et claque la porte que Lena avait laissé ouverte. Geste d'énervement. C'est vrai qu'elle aurait pu la jetez à l'eau, mais ses hommes l'aurait arrêter. La haine l'a ronge. La naïveté l'aveugle. Elle voyait une Lena gentille comme un agneau et voilà qu'elle lui livre une guerre sans merci.
C'est la guerre, sur le Volkova...

# Posté le mercredi 30 août 2006 13:21

Modifié le mercredi 13 août 2008 05:50

Chapitre 2 "Jeux dangereux."

Chapitre 2 "Jeux dangereux."
La nuit. Cette nuit là avait était spéciale. Elle avait été longue. Elle avait portée conseil. Surtout pour Yulia. Les hommes avaient tellement bu que maintenant ils somnolaient dans leurs maux de têtes.
Lena arriva sur le pont, les hommes étaient à moitié entre le réel et l'irréel. Aucun bruit à par les pas de Lena se dirigeant vers le Jeunot, celui-ci, était dès maintenant pris par sa tâche habituelle. Il lui donne un torchon sale, comme un zombie.
Elle s'activa.
« Bien dormie ? » demande le Jeunot après de longues minutes de silence.
« Je n'ai pas dormie, la fête m'a gardé éveillée. Les rires de matelots étaient insupportables... »
« Oui, très... »
Il soupire de fatigue, dans ces moments là, ils n'ont que leur conscience pour penser.
Yulia sort dehors, elle ne sourit pas, comme d'habitude, tous y était habitués depuis que Lena était là.
La brune s'approche de l'esclave, ses bottes raisonnent sur le bois ferme du bateau, un pas nerveux.
« L'esclave ! interpella-t-elle, j'ai un autre boulot pour toi. »
« En quoi ça consiste ? » questionne la rousse sur le même ton.
« Remettre à neuf la cale. »
Le Jeunot lève la tête vers Yulia d'un geste surpris. Après avoir constaté que la brune était sérieuse, il s'écria :
« Mais t'es folle ! Il fait une chaleur à crever dans la cale ! Le dernier qui a voulu essayer est devenu malade comme un chien ! Hors de question que Lena nettoie la cale ! »
La rouquine regarde le garçon, voilà qu'il la défend, qu'il se bat contre Yulia. Au moins un qui est dans son camp. Elle pose son regard sur le capitaine, elle sourit, moqueuse. Le Jeunot l'avait choisi, la rousse savait que le capitaine allé mal le prendre, et surtout, avoir mal.
« Tu me tutoies maintenant ?! Tu l'a défend ?! Très bien. »
Elle leur sourit et reprend :
« Lena je t'ai déjà trouvé un assistant ! Tu as beaucoup de chance ! »
Il s'avance vers elle, le torse bombé, le regard rempli de menaces. Yulia rie au geste du garçon, le Jeunot ne jubile pas avec elle, il explose.
« Je vous défie, capitaine ! »
Non, jamais il n'aurai du dire ça. Lena s'interpose entre son ennemie et son ami. Yulia l'a pousse et propulse le jeune homme plus loin avec ses poings. Elle le pousse encore. Le Jeunot essaye de résister mais la force de la brune le projette chaque fois en arrière sans qu'il puisse faire quelque chose. Chaque geste lui écrase presque la cage thoracique.
Il fallait qu'il agisse. C'est ce qu'il a fait. Le garçon a pris l'épée que lui tendait un des hommes et a tranché habillement un bout de tissu à son adversaire. Menace. Provocation. Invitation au combat.
« Petit bout d'homme veut devenir grand. » moqua-t-elle, ironique.
Elle sort son arme comme si elle sortait une bête dangereuse de sa cage, avec précaution.
Puis elle tape contre l'épée du Jeunot avec une telle force que celle-ci valdingue par terre. Il est désarmé mais il n'a pas peur, son regard est rempli de volonté et de confiance.
Yulia s'approche de lui, plis ses avant-bras contre ses biceps, pose ses mains sur les épaules du mousse et dégaine ses bras comme un fusil tirant une balle. Il n'a pas vu le coup venir, il tombe à terre. Sa force n'a pas de limite. Lena était impressionnée par ce spectacle.
« Sale gosse ! Te voilà par terre comme une vulgaire vermine ! Je devrais te balancer dans l'océan pour que tu fasses bouffer par les sales bestioles de la mer ! »
« Vous n'avez qu'à le faire. »
Elle rigole, elle se moque, ses rires transpercent le Jeunot.
Pour Yulia, il était stupide, et qu'au lieu d'en pleurer, elle en rigolait. La brune repris son sérieux peu après.
« Si tu gagnes, tu deviens le capitaine de ce navire, mais si tu perd, tu nettoieras la cale avec Lena jusqu'à quelle sente l'odeur du neuf jusque par dessus les mers. D'accord ? »
L'esclave supplie le Jeunot du regard, il ne devait pas accepter pour elle, non.
Il se relève, sans effort, il veut garder le dos droit devant cette femme qu'il avait temps adorer, et maintenant, qu'il l'avait temps blesser.
« D'accord. »
Ils se serrent la main, d'un commun accord. Avec quelques secondes de regret, Yulia prend son épée et se met en garde, son adversaire fait de même.
Elle est sûre d'elle-même, elle sait qu'elle allait gagner, c'est peut être cette assurance là qui lui permettait de vaincre tout le monde. Mais il pouvait être probable que le Jeunot ai de la chance et la batte, cela lui donnerait une bonne leçon. Oh oui une bonne leçon...
Leurs fers se croisent, le combat commence. Leurs pas résonnent, les fers font du bruit. Incessant. Dangereux. Captivant. Le Jeunot est en difficulté, la force que Yulia transmet à son épée l'affaibli.
Il tombe, il flanche. Mais non. Il ne faut pas. Il se relève, Yulia le regarde, un regard méprisant.
Le garçon frappe dans l'épée de son adversaire, la haine le submerge.
Comme si une tempête de reproches adressés à Yulia tomber sur lui.
Il reste habile dans tous ses mouvements, il arrive même à toucher le même endroit que Lena. Son épaule se remet à saignée, la brune n'y prête même pas attention.
Son épée essaye de s'enfoncer dans le ventre du Jeunot mais celui-ci recule, une chance.
Elle grogne, elle ne maîtrise pas son combat, il est bien trop rapide.
Leurs épées se croisent toujours, tout le temps. Voilà maintenant plusieurs minutes qu'ils essayent de se battrent.
Dans une baisse d'attention de la part du Jeunot, Yulia arrive à le blesser à la jambe.
Il s'écroule de douleur par terre.
La brune fait un sourire satisfait, elle positionne son arme sous la gorge du jeune homme, comme elle sait si bien le faire.
« Au boulot, mon vieux. »
« Tu n'es qu'une ... ! »
Le garçon ne va pas plus loin, elle le regarde, insistante mais toujours ce sourire satisfait accrocher à ses lèvres. Il la fusille du regard.
En se relevant la main posée sur sa cuisse, il passe devant Mika et croise son regard.
Mika le regarde tristement, visiblement il a l'air déçu.
Le Jeunot déglutit avec les larmes aux yeux. Il va se soigner et reviens sur le pont avec tout ce qu'il faut pour remettre à neuf la cale.

« Je n'ai qu'à l'étrangler pendant son sommeil ! »
« T'es complètement inconscient ! » dit Lena en rigolant.
« Vu comment elle a évoluée à cause d'une fille, elle ne changera plus. »
« L'espoir fait vivre. »
« On dirait même qu'elle aime être comme ça. »
« Te tourmente pas pour elle, elle en vaut pas la peine. »
Il frotte activement, et réfléchis.
Ils discutent tout en nettoyant la cale, il fait chaud, l'odeur est horrible.
Lena s'essuie le front et se relève.
« Pfou ! Quel travail ! »
« Tu l'as dit ! »
Toute la journée, ils se sont battus contre la saleté qui régnait en roi dans cette cale.
Le soir en allant dîner, ils eurent la mauvaise surprise de voir Yulia en bout de table, heureuse et souriante. Rien que pour mettre la pression au Jeunot et à Lena, elle rie d'eux, les regardes, moqueuse.
La rousse déteste le comportement du capitaine, celle-ci rigole pour mettre leurs nerfs à vifs, et dit des choses pour les humiliées.
Après un moment de réflexion, elle se lève en furie de la table et crie en s'adressant à cette brune insupportable :
« Capitaine ! Vous voulez pas un peu la fermez là ? Parce que le Jeunot et moi on en a jusqu'à là ! Alors maintenant, bouffez votre pain et allez dans votre cabine ! »
Yulia reste interloquée par les paroles de Lena, mais elle compte bien riposter :
« Ecoute moi bien gamine ! C'est moi qui donne les ordres ici ! Alors respecte moi si t'as pas envie de finir ta vie avec les poissons ! »
« Ah mais oui c'est vrai ! C'est madame la chef, olàlàlà, attention elle va te balancer par dessus bord ! J'ai peur ! Faudrait d'abord que t'en aies la force ! Et a propos de gamineries ! C'est pas moi qui s'amuse à écrire sa vie sur du papier moisi, et à faire la gueule tout le temps ! La gamine ici c'est toi ! »
Tout l'équipage reste spectateurs de ce duel qui oppose deux caractères complètement différents, deux femmes sur un bateau, ça devient dangereux. Leurs regards sont tellement noirs, l'équipage n'en revient pas.
Les phrases de Lena blessent Yulia, pour oublier la vérité blessante de la rousse, la brune se jette sur elle.
Voilà qu'elles commencent à se battre violemment, les coups de poings sont nombreux, la violence est à son comble. Les hommes essayent de séparées c'est deux lionnes, qui se déchirant comme des bouts de viandes.
La tension est élevée, Lena joue la carte de la provocation, un jeu dangereux, mais excitant pour elle. Elle teste les limites de Yulia, et par la même occasion, les siennes...
Elles se prennent des coups, chacune se défoule sur l'autre, cependant, Yulia à une drôle de sensation quand elle est contre le corps de Lena, celle-ci se défend autant qu'elle le peut. Puis, à un moment elle lui caresse sans le vouloir le bras, alors qu'elle devait plutôt le frapper.
Que lui arrive-t-il ?
Yulia, après ce geste, se relève, essuie le sang qui surgit au coin de sa bouche, et dit :
« Je ne veux plus que tu me touches, c'est compris ? Maintenant, va nettoyer la cale. »
La rousse la regarde, le Jeunot lui propose son aide pour qu'elle se relève, mais elle refuse, bien trop énervée. Pourquoi ? Pourquoi était-elle énervée ? Pourquoi refuser-t-elle d'accepter que la brune lui plaise, même si celle-ci la déteste ?
C'était peut être cette attirance qui l'obliger à être aussi hostile, elle ne voulait pas avoir de sentiments envers une femme qui ne voulait rien savoir d'elle.
De son côté, Yulia aussi aimer la présence de Lena, mais ce sentiment était enfermée tout au fond d'elle-même, comme si elle ne le savait pas que l'esclave lui plaisait, une chose que son coeur s'obligé de garder secret.

Le mousse regarde Lena sans comprendre, il en vient même à ne plus comprendre les choses qui venaient de se produire, il demanda à Lena, pour oublier son incompréhension :
« Bon, on va se mettre au boulot ? »
« Oui, allons y. » répondit-elle sèchement.
Le Jeunot essaya d'oublier ce ton, mais les mots l'avait comme même touchés.
Il s'activa à la tâche, c'est tout ce qu'il pouvait faire, Lena ne parler pas, un vide immense se construisit entre eux deux, il n'arrivais pas à supporter ce silence trop lourd.
Enervé et blessé, le jeune homme se rendit chez Yulia pour lui dire quelque chose à lequel il avait mûrement réfléchi...
Le Jeunot était plutôt bavard, le silence qu'il y avait entre Lena et lui était trop dur à supporter, lui qui d'habitude, discute tout le temps, d'une bonne humeur incessante.
Les choses avaient changées, le monde tourne à l'envers en se moment. Allait savoir pourquoi...
« Yul' ? »
« Oui ? » répond-elle calmement.
« J'aimerais faire autre chose que nettoyer la cale avec Lena, je n'aime plus trop sa compagnie. S'il te plait... »
« D'accord. »
Le Jeunot regarda Yulia avec les yeux ronds, qu'elle accepte aussi rapidement l'étonné beaucoup.
« Je vais le faire. » ajouta la brune.
« Quoi ?! »
« Elle est là pour un bon bout de temps, pourquoi continuer à être comme ça ? »
Il ne répondit pas. Trop surpris. A la limite, choqué. Mais pas à ce point là.
« Tu disais que tu ne voulais plus l'approcher... »
« Entre temps, on réfléchi, et on pense. »
« C'est un piège ? »
Le capitaine regarda le mousse avec mystère et enjouement. Elle sourit, un magnifique sourire, que le jeune garçon apprécia. Il pris la barre, et la brune se rendit alors à la cale.
La rousse sursauta, et eu encore plus peur quand elle découvrit que c'était Yulia qui venait d'entrer.
« Ca...Capitaine ? »
« Non, c'est le Jeunot. » dit-elle en plaisantant.
Lena souris, et regarde plus attentivement la fille qu'elle avait en face d'elle. Elle se surprit à la trouver charmante. Elle se secoua et rétorqua :
« Que faites vous là ? »
« Le Jeunot ne veut plus être là, et moi j'aimerais discuter avec toi. »
« Je veux bien, mais de quoi ? »
« D'amour. »
L'esclave rigola, puis repris son sérieux. Plaisanterie, ou discussion sérieuse ? Un jeu ou un geste amical ? Yulia commença à laver, elle repris :
« Tu aimes quelqu'un ? »
« Non. Je n'ai jamais trouvé l'amour. Et vous ? »
« Pareil que toi. Les hommes sont tous des obsédés. »
« Sur ce point là, nous sommes d'accord. » dit Lena.
Yulia fit un petit sourire, la rouquine l'observa un moment. Elle se remit après à travailler, en lançant quelque fois des regards à la brune, quand celle-ci les croisées, elles se souriaient.
Une complicité naissait dans des simples regards. Mais jusque quand cette complicité allez-t-elle durée ? Lena ne devait pas se laisser amadouer, mais c'était plus fort qu'elle.
Comme quand on nous interdit de toucher à quelque chose alors que nos doigts nous démangent.
Tout est possible, même que deux femmes s'entendent à merveille alors qu'elles aimeraient bien s'entre tuer.
« Vous devriez retourner sur le bateau, les hommes ont besoin de vous. »
« Non Lena. Tu as besoin de moi pour finir cette cale, j'me trompe ? »
« Je ne sais pas. Je peux me débrouiller. Mais votre présence me plait. »
« La tienne aussi, la farouche. »
La farouche. Drôle de surnom. Mais Lena l'apprécia.
Cette certaine gentillesse l'étonnée, mais en même temps, lui faisait plaisir.
Sur un coup de tête, la rouquine lui lança de l'eau à la figure.
Yulia sursauta à ce contact et riposta aussitôt.
Une bataille d'eau commença, elles rigolèrent sans se forcer.
Et à la fin, Yulia se retrouva sur Lena. Position agréable. Contact de peau.
« Qui c'est la meilleure ? »
« C'est moi. » répondit la rouquine.
La brune fit semblant de sortir de la bave de sa bouche pour menacer encore plus la rousse.
L'esclave eu une moue de dégoût et rigola pour montrer qu'elle n'avait pas peur. Enfin si, comme même un peu.
« C'est Yulia Volkova ! Voilà ! » lança Lena pour ne pas recevoir de bave sur la figure.
La brunette fit un sourire vainqueur, et s'approcha un peu plus de Lena.
La «farouche » sentit que son coeur s'accélérée, et elle n'aimait pas ce rapprochement.
« Je n'avais jamais remarquée que tu étais aussi belle.. »
Yulia lui avait dis ces mots quand elle s'était couchée sur Lena et qu'elle était assez proche de son oreille. Elle remonta sa tête, et n'était plus que a quelques millimètres de la bouche de l'esclave.
« Qu'est ce que tu fais ? » marmonne Lena en perdant tout ses moyens.
Yulia souffla sur le visage de son ennemie, ses 5 sens en éveillent.
Un pur moment. Troublant. Magique. Intense.
Que lui arriver-t-elle ? Avait-elle des sentiments pour cette fille qu'elle déteste tant ?
La haine peut elle engendrer l'amour ?
Je ne sais pas si on arriverait un jour à comprendre le geste de la brune.
Un geste si surprenant, si soudain.
Elle s'approche encore, ne cessant de jouer avec l'impatience de la rouquine.
Puis ses lèvres frôlent les siennes...
Incompréhension...
Le coeur de Lena bat si vite.
Celui de la brune aussi.
Ca y est, leurs lèvres se pressent l'une contre l'autre.
Lena se relève un peu pour goûter encore plus à ce goût si unique.
Yulia se sent libre, mais elle ne doit pas avoir ce sentiment.
Elle stoppe le baiser, regarde Lena, et fais un sourire de fierté.
« J'ai enfin trouver un moyen pour que tu fasses tout ce que je te dis... »
En un instant, la rousse comprend le geste de son capitaine.
Yulia se relève, essuie sa bouche pour enlever le goût des lèves de Lena, un geste accusateur.
« Tu vas continuer à travailler, tu ne vas plus dire un mot, tu seras juste l'esclave qui ne sert qu'à nettoyer la cale. Pas de communication avec les autres matelots. »
« Et si je n'obéis pas a cela ? »
« Je dirais à tout le matelots que tu m'as embrassée. Que tu préfères les femmes. »
« Ils ne te croirons pas. » dit la rouquine pour ce rassurer.
« Oh que si. Tu ne me connais pas encore sur ce terrain, l'esclave. »
Un dernier sourire, mais pas un sourire amical, un sourire de victoire et de moquerie.
Lena se sentit désarmée. Des larmes coulèrent sur ses joues, et ne pu pas les retenir.
Pourquoi avait-elle prolongé ce baiser ?
Ressentait-elle vraiment quelque chose ; autre que la haine ?
Elle devait arrêter de ce poser des questions et être forte.
Plus forte que ses sentiments ?
Sûrement.
Elle continua à nettoyer, et ce soir, elle dormira dans la cale. L'esclave décida de ne plus avoir de contact avec qui que ce soit.
Mais les hommes ne sont pas idiots, ils sauront qu'il y a un problème.

On l'appelle pour qu'elle vienne manger, elle ne répond pas.
Un deuxième, puis un troisième.
Mika descends, la rousse crie aussitôt :
« Laisse moi tranquille ! Je ne veux voir personne ! »
« Allons Lena, qu'y a-t-il ? Yulia ne voulait pas que je descende et... »
« Elle a raison ! Laisse moi tranquille je ne veux voir personne ! »
« Que s'est-t-il passer enfin ?! » cria-t-il à son tour.
« Rien du tout, je fais mon travail et je n'embête personne ! »
« Mais tu ne m'embête pas moi ! » dit-il toujours sur le même ton.
« On s'en fout de toi ! Le Jeunot a sûrement plus besoin de toi que moi de toi ! Tu n'as même pas remarqué qu'il m'ait laissé tomber ! Il a besoin de toi Mika. Arrête de t'occuper de moi, je n'en vaux pas la peine... »
« Tu te rabaisse maintenant ? »
Il se rapproche, elle ne répond pas, que pouvait-elle répondre à ça ? Elle ne savait pas quoi faire, Yulia avait tous les pouvoirs sur elle...
Mika enlace Lena, mais elle se détache de son étreinte.
« Mais enfin ?... Lena... » fut-il doucement.
« Mika...Je t'en prie, va chez le Jeunot, il a besoin de toi...S'il te plait, c'est tout ce que je te demande... »
Ils se regardent, droit dans les yeux, Lena lui souris pour le rassurer, mais un sourire forcé. Mika se retourne et remonte en haut. Lena pousse un long soupire de tristesse avant de s'effondrer par terre.
Elle pleure, encore et encore, toutes les larmes de son corps. Elle regrette son baiser, elle regrette d'être là.
Lena fait du mal aux autres sans le vouloir, elle en fait car, elle-même a mal. Une souffrance invisible vu qu'elle la cache dans sa méchanceté, qui ne fait qu'empirer.
Pouvons nous dire adieu à la gentille Lena et faire place à la Lena presque semblable à Yulia ?
Soudaine, la jeune femme eut comme un raisonnement. Si Yulia faisait tellement de mal autour d'elle c'est peut être parce qu'elle a aussi mal, qu'elle souffre de quelque chose...
Mais de quoi ?
Lena cherche une réponse, quelque chose de possible.
La mère de la brune ?
L'absence de son père ?
Oui, tout ça elle l'avait entendu de la bouche des marins.
Le manque d'un mari ?
La rousse ne voulait pas se poser cette question, à la seule idée que Yulia pourrait avoir un mari lui rappelais encore plus ce baiser...
Ce baiser qui avait tout changer maintenant...
Mais peut être faisait-elle un drame pour rien.
En tout cas, ne parlons pas d'amour, de ce côté-là, les choses sont encore plus compliquées...
Rebelle toi Lena, rebelle toi... Sois plus forte qu'elle, ouais, plus forte...
Blesse là avec tes hypothèses, blesse là avec sa mère, bat toi contre elle.
Fait la souffrir comme elle le fait...
Tue la à petit feu...
L'esprit de la rousse commença alors à être rempli de pensées noires, d'idées maléfiques...
Deviendrez-t-elle la fille de Satan ?
Une Lena maléfique ?
J'aimerais bien voir ça...
Une Lena contre Yulia.
Telles des diablesses jouant avec le feu... Jouant à...Des jeux dangereux...
Elle s'est endormie, dans l'espoir de rêver, rêver d'un monde meilleure peut-être.
Elle aurait peut-être voulu s'en aller, partir loin, très loin.
Son sommeil fut profond, ses larmes avaient coulées, comme des gouttes de cristal, fragiles et innocentes.
Quand Lena s'est réveillée, elle eut du mal à faire face à cette dure réalité.
Personne ne descendit la voir, elle continua son travail, la tête vide.
L'esclave repensa quelques minutes aux pensées noires qu'elle avait eu hier soir.
Après plus d'une heure dans la cale, qui était à moitié propre, elle s'accorda une pause.
La rousse s'étira longuement et regarda les fruits de son travail acharné, elle pensa ensuite à Yulia, les coups qu'elle pourrait lui faire. Lena était une battante, elle ne devait pas se laissait abattre par une simple femme. La rouquine avait les capacités, elle pouvait la faire couler, la rabaisser.
« Lena ? »
Elle sursauta et se retourna vivement vers cette voix.
C'était Wilfried.
« Wilfried ? Que fais-tu là ? »
« J'ai cru que tu étais morte, on ne t'a pas vu de la matinée. »
« Je... J'avais envie de finir mon boulot le plus vite possible. »
« Est-ce que Yulia t'a fait quelque chose hier ? »
« Non. Pourquoi ? »
« Tout le monde l'a vu descendre, et après tu n'es pas venue manger, de plus quand Yulia est remontée sur le pont, elle avait un sourire démoniaque accrochée aux lèvres. »
« On a simplement discutées et on s'est mise d'accord, c'est tout. »
Wilfried ne fut pas très convaincu par les réponses de l'esclave, il retourna sur le pont sans avoir pu satisfaire sa curiosité.
« Alors ? »
« Elle ment. Je ne sais vraiment pas ce qu'il s'est passé dans cette cale, mais ça n'annonce rien de bon. »
« Le vent se lève, il faudrait régler cette affaire avant que les dieux ne s'énervent. »
« Ne t'inquiète pas le Jeunot, le Volkova est un bateau solide ! »
Il lui tapa l'épaule, et fit un sourire rassurant, sûr de lui.
Le Jeunot répondit à son sourire et continua à travailler.
Manquerait plus qu'ils doivent faire face à une nouvelle tempête.
« Wilfried ! » appela Yulia.
« Quoi ?! »
« Pourquoi es-tu aller à la cale ? J'avais pourtant dit : personne ne doit y aller ! »
« Je voulais m'assurer que Lena n'avait besoin de rien. »
« Elle se débrouille très bien toute seule, laisse la ! »
« Je sais que tu lui a fait quelque chose hier, elle est toute drôle maintenant. »
Il lui tourna le dos et la laissa toute seule, face à elle-même.
Non, Lena n'avait pas pu tout dire à Wilfried.
Le capitaine était certaine de l'avoir convaincue de n'être ici que pour la cale.
Le vent souffla fort, Yulia fronça les sourcils.
Son esprit n'était désormais plus trop tranquille.

Un Jeunot superstitieux, un Wilfried mécontent et une Yulia plus très sûre d'elle.
Si une tempête venait à arriver, je ne sais pas si ils seront près à l'affronter correctement.

« Wilfried ! Wilfried ! »
Décidément, il était très demandé aujourd'hui.
« Quoi encore ! »
« Yulia est descendue à la cale ! »
« ...Allons voir ! »
Le Jeunot et Wilfried se rendirent rapidement à la cale, une fois arrivé, ils se cachèrent, silencieux comme des chats ils observèrent la scène qui s'offrait à eux.

« Tu l'as dit à Wilfried ! »
« Non, je ne lui ai rien dit ! »
« Tu lui dis que nous sommes embrassées ! Avoue ! »
Elle l'empoigna, Lena, qui ne s'attendait pas à ce geste, soutenu le regard noir de Yulia.

« Embrasser ? » chuchota le Jeunot qui n'arrivait pas à y croire.
« Peut être sur la joue... »

« Non ! Je ne lui ai pas dit que nous sommes embrassées... De plus, c'était sur la bouche ! Tu me crois folle à ce point là ?! »
« On ne sait jamais avec une traîtresse comme toi... »
Les paroles de la brune furent comme un couteau planté dans le c½ur de Lena.
Non, ne pas se laisser insulter.
Se battre, se défendre, défendre ses droits.
« Je suis probablement une traîtresse, mais alors toi, qu'est ce que tu es dans ce cas là ? »
Yulia ne répondit pas, il n'y a rien à répondre à ce genre de question, ce n'est qu'un cercle vicieux.
« Finis cette cale et disparaît de ma vie. »
« Sale vipère. »
Sur cette insulte Yulia se retourna, vive comme l'éclair.

« Will, je pense que devrait intervenir, elles vont se battre comme des sauvages ! »
« Attends, je veux voir si il s'est vraiment passer quelque chose entre elles. »
« Par rapport au baiser ? »
« Oui. »

Les deux jeunes filles se fusillèrent des yeux, Lena serra les poings.
Elles ne bougeaient pas, elles attendaient qu'une fasse le premier pas.
Mais se battre ne résoudrait rien.
« Capitaine, est-ce que vous tenez à moi ? »
« Non. »
« Vraiment ? »
« Oui. »
« Parfait. »
« Impeccable. »
« Génial. »
« Oui. »
« Ce sera tout. »
« Certainement. »
« D'accord. »
« Partez. »
« Non. »
« ...Pourquoi ? »
« Parce que. »
« Qu'y a-t-il ? »
« Rien. »
« Alors ! » s'énerva la rouquine.
« Quoi ? »
« Laissez moi travailler. »
« Non. »
« Pour quelle raison? »
« Aucune. »
« Qu'attendez vous de moi ? »
« Vous avez perturber mon c½ur. »
« Votre c½ur ?! »
« Oui. »
« Et alors ? »
« Qu'en ai-t-il du votre ? »
« Le mien va très bien, je vous remercie. »
« Repenses-tu à notre baiser ? »
« Bien sûr, quel horreur. »
« Vous êtes sûres ? »
« Non. »
« Bien. »
« Bien ! » termina Yulia en criant.

Quand les deux hommes cachés virent que le capitaine était sur le point de remonter, ils déguerpirent hâtivement.
Après cette discussion très particulière, Yulia remonta d'un pas énervée sur le pont.
Qu'attendait-elle de Lena ?
Perturbez son c½ur ?
Ca n'a pas de sens.
Le baiser n'était pas qu'un mauvais souvenir au goût de la rousse.
Un léger regret, mais un pas en avant dans la découverte de ses vrais sentiments envers Yulia.
Elles se détestaient, mais elles s'étaient embrassées.
Deux choses tellement différentes.
Apprendre à se connaître, apprendre à s'apprécier.
Les deux filles ne souhaitaient pour rien au monde effectuer cette tâche (qui consiste à apprendre à se comprendre, s'entendre,...) si pénible à leurs yeux.
La vie est parfois tellement compliquée...

La haine est un sentiment proche de l'amour, toute personne qui nie ça, ne connaît pas réellement le sens de l'amour.
Lena ne décoléra pas, pourquoi se posait-elle tant de questions ?
Une question de plus, tiens.
Timothée arriva dans la cale, décidément elle aura eu la visite de tout l'équipage aujourd'hui.
« Bonjour Lena. »
« Bonjour. Qu'est-ce que tu veux ? »
« Tu te souviens quand je t'ai dit que j'étais intéressée par Yulia ? »
« Oui. »
« Eh bien, maintenant, elle ne m'intéresse plus du tout, je me suis rendue compte que c'étais une vraie vipère. »
« Tu l'as dit... » chuchota Lena.
« Qu'as-tu dis ? »
« Rien. Retourne à ton travail et prends garde à Yulia. »
« Merci. »
« Merci de quoi ? »
« Tu le sais. A plus tard. »
Il s'en alla, et Lena, réalisa qu'elle était en train de détruire Yulia, et surtout de se détruire.
Elle aimerait disparaître de ce navire, mais elle devait se venger de tout le mal que la brune lui avait fait.
La vengeance est un plat qui se mange froid, n'est-ce pas ?
Et puis, tant pis si elle avait 'perturber' le c½ur du capitaine.
La rouquine commença à re-laver le sol, pour la dixième fois au moins, c'est tout ce qu'elle avait à faire pour se changer les idées, ne plus penser, se concentrer sur quelque chose.
Mais ses pensées vagabondées, impossible de se vider la tête, elle ne peut s'empêcher de penser aux paroles de son ennemie.

Le vent souffle si fort sur le pont, Yulia refuse de faire face à l'éventuelle tempête, elle s'enferma à double tour dans sa cabine, écrivant pour s'extérioriser l'esprit.
La brune inscrit le prénom Lena, elle cassa sa plume quand elle réalisa ce qu'elle avait écrit. Yulia ne voulait pas parler de cette traîtresse, de cette esclave inutile, même si leur baiser avait était un échange plutôt plaisant, elle refusait de se faire à l'idée que Lena lui plaisait.

Elle balance d'un geste violent les feuilles par terre, ainsi que l'encre, celle-ci s'étale facilement sur le sol, et s'imprègne du bois.
Yulia fronce les sourcils, et se mord la lèvre inférieure.
« C'est pas possible... »
Les mains derrière la tête, elle réfléchit. Depuis que Lena est là, elle n'a plus les idées claires, tout s'embrouillent dans son esprit...
Si Lena lui plaît, si Mika a un faible pour la rousse, si Yulia n'est plus satisfaite de sa vie sur ce navire, que faire ?
La brune essaye de trouver une solution, une bonne solution, la meilleure...

« J'y crois pas ! » s'écrit Wilfried.
« C'est surprenant, surtout de la part de Yulia... »
« Mais, qu'elle embrasse Lena alors qu'elle la déteste, c'est incroyable ! »
« C'était un piège, Will. »
Le vieil homme regard le Jeunot, et fronce les sourcils, signe de réflexion.

A ce moment là, il y eu un fort coup de vent, et la mer commençait à s'agiter. Le bateau bougeait anormalement.
Wilfried prit la barre, et ordonna au Jeunot de cherche Yulia. Il reprit alors ses fonctions de pirate responsable, il regarde le jeune marin courir en direction des cabines, et utilisa la force de ses bras pour éviter que le navire flanche.

Le capitaine sortit sur le pont en trombe, suivit du Jeunot, qui avait une expression de panique dans le visage.
Elle prend la place de Wilfried brusquement, et essaye de contrôler son bateau du mieux qu'elle peut.

La pluie s'abat sur eux, tous les pirates sont trempés, ils s'agitent, essayent de faire tenir la voile que le vent fouette violemment.
Le Jeunot se tient au côté de Yulia pour l'aider. Wilfried tire sur les cordes avec Timothée pour que le navire ne lâche pas.

La tempête fait son effet, et pendant toute la nuit, Yulia et son équipage se battent pour que le Volkova tienne.
Jusqu'au matin, le calme revient, la pluie cesse.
Tous les marins sont fatigués, abattus par cette tempête si sauvage. De plus, le bateau est près d'une île déserte.
Yulia avait décidé de s'arrêter là-bas, histoire de faire le point.
Ils avaient tous besoin de retrouver la terre ferme, et qui sait, la brune pourrait abandonner Lena en pleine forêt...

Celle-ci ayant passé sa nuit, et sa matinée dans la cale, avait eu le sommeil très léger, les coups de vents, l'agitation, le bruit...
Bien qu'elle n'ait eu guère envie de dormir, et cette tempête lui avait permis de faire le vide, d'oublier sa souffrance, d'oublier Yulia, d'oublier ce baiser.

Plus tard, l'un des matelots lui demanda de monter sur le pont. Elle s'exécuta.
« Lena, commença Mika avec un sourire, nous avons repéré une île, te joins-tu à nous pour l'explorer ? »
« Et Yulia ? » demanda-t-elle du tac au tac.
« Elle est d'accord, c'est même elle qui l'a proposé. »
« C'est dangereux là-bas ? »
« Toute île est dangereuse, nous pouvons tombés sur des indiens, des Incas, des êtres humains bizarres... Peut-être y a-t-il un trésor, peut-être y a-t-il des animaux dangereux... » expliqua le capitaine en s'approchant de l'esclave.
Yulia croisa alors les bras sur sa poitrine.
« La question est : serais-tu prête à mettre ta vie en danger rien que pour le plaisir de l'aventure ? »
Lena la regarde droit dans les yeux, se noyant quelques secondes dans le bleu des yeux de la brune.
Puis, défi du regard. Lèvres droites, ne pas sourire. Ne pas paraître gentille, douce et amicale.
D'une voix froide, elle lui répondit :
« Je suis prête. »

Et c'était ça, le jeu dangereux...

# Posté le lundi 23 octobre 2006 13:24

Modifié le mercredi 13 août 2008 05:50

Chapitre 3 "Prisonnières"

 Chapitre 3 "Prisonnières"
L'océan de l'oubli n'est qu'une idiote image par rapport à la réalité. Ne cherchez pas à comprendre les mots qui n'ont pas de sens. Qui n'ont pas essayé d'avoir de sens. L'amour, dans ce monde, n'est que l'essence de la vie ? C'est cruellement bête.

Yulia tombe sur le sol de cette nouvelle terre. Postée sur ses pieds, droite comme un piquet. Elle relève les yeux, fronce les sourcils. Elle aimerait donner, donner tout ce qu'elle a pour ne plus avoir quelque chose à perdre. La jeune femme grogne lorsqu'elle sent une présence dans son dos. Elle veut être seule, mais ne peut pas.

« Capitaine... »

Yulia ne répond pas. Le Jeunot a comprit. Il baisse la tête et suit le reste de l'équipage. Certains restent sur le navire. Tout est très bien organisé. La mort risque de s'inviter. Elle n'a pas peur, elle n'est pas anxieuse. Elle sait, c'est tout.

« Lena ! »

Il prend la rousse dans ses bras. Yulia se retourne vivement, automatiquement. La brune regarde l'esclave, ne cachant pas son dégoût.

« Mika, dégage ! »

Ordonne-t-elle. On ne discute pas quand elle adopte ce ton glacial. Le jeune homme s'écarte et retourne sur le bateau. Pathétique. Yulia s'approche de Lena. Les bras croisés sur sa poitrine. Elles n'ont pas changés.

« Prête ? »

Cette fois, c'est au tour de la rouquine, de ne pas répondre. Cette dernière passe devant elle, indifférente, et rejoint Wilfried. Sans sentiments. Elles aimeraient avoir un c½ur de pierre.

Yulia, frustrée – sachant se protéger de ce genre de pulsions -, tient fermement son épée de la main droite. Mourir, ou vivre sans elle. Quelle différence ? Elle s'avance, prend la tête du groupe, découpe avec énergie et volonté les branches qui barrent habillement son chemin. Des fruits s'offrent à eux. Elle n'a pas faim, mais eux, si.

Le Jeunot se jette dessus. Il donne de la nourriture – et du rhum - à l'esclave, toujours aussi serviable. Yulia explose intérieurement. Elle lui arrache des mains et lance ce fruit inconnu plus loin. De son bras gauche, elle empêche Lena de bouger.

« C'est pour ton bien. »
« Ouais, c'est ça ! C'est pour me faire crever ! »
« Si seulement tu étais morte... »

Wilfried intervient. Il repousse Yulia. Que de violence, ça en devient enfantin.

« Arrêtez ! Vous êtes sottes, vraiment ! »

La jeune pirate serre les dents, et s'éloigne. Elle commence à courir loin. Pourquoi essayez-vous de la comprendre ? Elle souffre, c'est tellement désagréable ! Elle fuit, plutôt. Fuir le regard de la rouquine, fuir les sentiments qui la rongent. Puis, c'est la chute. La brune ferme les yeux, réprime une grimace. Douloureuse. Des craquements. Merde ! Quelqu'un d'autre est là. Son c½ur se met à battre de manières très irrégulières. Comment se contrôler ? Elle tremble. De froid.

« Yulia ? »

Elle aimerait tant ne pas reconnaître la voix de son esclave !

« Tu es là ? »

Le silence est la meilleur des réponses. Une chevelure rousse apparaît. Elle enrage.

« Sale putain, pourquoi tu m'as suivie ? »

Vulgaire. C'est comme ça. Une façon comme une autre de se protéger. Elle ne va pas bien. Lena aggrave la situation ! Elle la déteste. Haïr jusqu'au plus haut point possible.

« Tu le sais très bien. »

Elle lui tend sa main. La brunette la regarde longuement avant de la prendre. Au lieu de se lever, elle l'attire contre elle. Contradictoire. Contradictoire. Contradictoire ! C'est le juste mot. Résumons la scène : échange physique troublant.

« Ta chaleur me manque... »

Chuchote la rouquine en touchant son visage.

« Tu es bête, tu sais ? »
« C'est bien pour ça que tu t'accroches... Ma stupidité te plaît. »

Volkova ronronne simplement, en la serrant contre elle, s'imprégnant de son odeur. Elle ne comprend plus rien. Elle laisse son c½ur la contrôler. Bientôt, sa raison reviendra. Ce sera violent et dangereux.

« Les matelots vont s'inquiéter... »
« Qu'importe ! »

Hurle le Capitaine avec force. Elle montre trop sa vraie nature. Derrière un masque. Toutes deux portent un masque, se cachant derrière des mots.

« Nettoie mon âme. »

On sait qu'elles se désirent. C'est flagrant. Un coup de feu interrompt leur approche. Leurs lèvres se frôlent. L'une d'elles sourit niaisement. Une main froide caresse la peau blanche de l'esclave. Frissons de chaleur. Frissons de bonheur. Un deuxième coup de feu.

« Tu as peur ? »

Pas de réponses. Le silence est bien meilleur ! Il est plus malin que les phrases. Les gestes suffisent à apaiser ses douleurs intérieures.

« Tu y crois, toi ? »

Une voix roque. Yulia tremble.

« Purifie mon esprit. »

Un troisième coup de feu. La brune se redresse vivement. Lena profite de cette réaction pour lui voler un baiser. La jeune femme serre les dents. Yulia fait de même. Sa deuxième main libre s'aventure dans son dos. Après avoir entendu le dernier cri, la brune arrache ses pauvres vêtements. Passionnée.

« Tu m'as manqué. »
« Tu es stupide, comme moi. Parce que tu m'as manquée. »

Vous essayez encore de comprendre ? Complexe, hein ? Vous n'allez pas aimer. Leurs langues se croisent. Excitation. Qu'est-ce qu'un baiser à côté de ça ? Elle l'attire contre son corps. Frêles. Tremblantes. Yulia entreprend de mener la danse. Des bruits suspects. Une alchimie inconnue.

« Qu'est-ce que... »

Ils font peur. Trop peur. Leurs lèvres se soudent. Eternellement. Rien ne les arrêtera ce soir.

Généralement, je tiens toujours mes promesses... ;)

# Posté le mercredi 30 mai 2007 14:42

Modifié le mercredi 13 août 2008 05:48