L'écriture. Voilà le passe-temps d'un capitaine. Mais quel plaisir prend-t-on à poser de l'encre sur du papier afin de raconter des choses qui nous traversent l'esprit ? A vous de devinez...
Yulia écrivait page sur page, ne se lassant jamais de raconter ses aventures à un malheureux bout de papier. Malheureux bout de papier ? Peut-être, mais au moins il vous rappelle les plus beaux jours de votre vie, mais aussi, les plus tristes.
Etant en pleine concentration sur ce qu'elle écrivait, elle sursauta au bruit d'une porte qui s'ouvrait brusquement, la voix sonore d'un marin jeune :
« B'jour Cap'taine ! Alors qui c'est qui va allez au marché des esclaves, jourd'hui ?? »
Il avaler la moitié de ses mots mais Yulia avait l'habitude, à force. Quand elle lui fit face, le sourire joyeux du garçon s'effaça aussitôt, il avala sa salive, la sueur coula sur le front du jeune pirate et ses yeux essayèrent de se défaire du regard de la jeune femme.
Tentant de la faire rire, et de détendre l'atmosphère il lança :
« J'vous ai fait peur, hein ? Hum... »
« Ce qui me faire peur, le Jeunot, c'est de ne pas pouvoir te botter les fesses ! »
« A... Ah bon ? »
« N'as-tu jamais appris à frapper avant d'entrer ? »
« J'ai...Heu...J'avais...oublié ! »
« Oublier ?! » s'exclama-t-elle de plus en plus énervée.
« Ou..Oui. »
« Attends un peu si je t'attrape ! »
A ne pas dire deux fois, le garçon détala comme un lapin après avoir entendu la menace de son capitaine, une course-poursuite commença. Un rituel habituel pour les autres marins qui avaient l'habitude de voir Yulia courir après le Jeunot qui se faisait souvent remarquer.
« Qu'a-t-il encore fait celui là ?! » demande un pirate amusé par le spectacle.
« Il est rentré en trombe dans ma cabine ! » répondit-t-elle tout en le coursant.
« C'est vrai que le capitaine déteste être déranger pendant qu'elle écrit... » chuchota un homme à un autre.
Quand le pourchassé tourna autour du mat pour ne pas se faire attraper, il trébucha sur une corde, et rampa comme un misérable ver de terre pour ne pas recevoir de coup. Yulia se mit devant lui, il fixait les bottes du capitaine, toujours vautrait par terre, il balbutia :
« Je...Je suis... désolé... »
« Tu n'as pas à l'être, grâce à toi, j'ai trouvé celui qui va aller au marché des esclaves. »
« Ah oui ? »
« Oui. Et c'est toi ! Je te laisse trouver un compagnon pour y allez, tu serais encore capable de te faire tuer en marchandant comme un idiot. »
L'équipage rigola, Yulia l'aimait bien le Jeunot, curieux et peureux, jeune et naïf mais important aux yeux de Yulia, il savait parler presque toutes les langues, ce qui était très utile. C'était bien le moins âgé du bateau, Yulia l'avait trouvé sur l'océan flottant sur un tonneau, le bateau de ses parents avait fait naufrage. Elle l'avait pris en affection et il était devenu le plus comique de l'équipage pour ses bêtises farfelues.
« Tu viens avec moi, Mika ? » demanda le jeune garçon à l'homme qu'il considérait comme son frère.
« Bien sûr ! »
« J'ai eu la peur de ma vie, aujourd'hui, j'ai cru que cette fois, elle allait me botter les fesses pour de bon. »
« Le capitaine ne ferait jamais ça à un jeune comme toi. »
« Tu crois ? »
« J'en suis même sûre ! » rigola Mika.
« Si cette corde... » marmonna le Jeunot.
« Et même si cette corde n'avait pas été là, elle ne t'aurait pas arrêté, tu es toujours aussi rapide ! »
« Espérons que ça dur. »
Les courses-poursuites entre Yulia et le mousse (le Jeunot) se terminaient le plus souvent par un abandon du capitaine mais elle se vengeait d'une autre façon... Par exemple, privation de repas. C'était un grand gourmand comme Yulia, qui n'hésitait pas à prendre sa part quand il était puni.
« Il fait beau aujourd'hui. Pourquoi ne pas sortir un peu ? » proposa un matelot en entrant prudemment dans la cabine.
« Le Jeunot a choisi Mika ? »
« Oui, comme d'habitude, ils sont très proches. »
« Ils sont déjà partis ? »
« Oui. »
« Très bien. »
« Tu n'as pas répondu à ma question, pourquoi ne veux-tu pas sortir ? »
« Pas le temps. »
« Tu n'as jamais le temps. Toujours plongée dans tes pensées à écrire ! »
« Tu parles pour ne rien dire, va-t-en ! »
« Yulia, nous nous connaissons depuis longtemps, tu sais que j'ai raison ! »
« Tu es sourd ? Je t'ai dit de partir ! »
Il la défia du regard un instant, et s'en alla le visage fermé. Etait-ce une façon de parle comme ça à son meilleur ami ? Wilfried était un homme bien, un mari fidèle, un pirate à respecter. Un défi du regard si impressionnant. Wilfried était le seul homme à pouvoir la défier ainsi. Elle garda en bouche, l'amertume des ordres qu'elle lui avait donné. Yulia passa sa main dans sa chevelure brune tout en réfléchissant. Elle fixait sa plume qu'elle avait laissé rouler le long de sa feuille, les gouttes d'encres s'empreignaient du bout de papier salissant les jolis mots que Yulia avait écrit. Mais c'était fait volontairement, elle devait effacer peu à peu ce qui l'empêchait de profiter de la vie. Certains ne comprendront pas ce geste, d'autres, oui. Le monde est rempli de questions auxquels les réponses ne sont pas celles que l'on attend. Le corps fatigué sur un matelas dur, Yulia se remettait en question, elle ferma les yeux et s'imagina les choses comme elles les voyaient. Pourquoi vivre sa vie, enfermée comme un rat ? Tant de pourquoi et jamais de parce que...
« Yulia, la vie est courte, la vie est courte, arrête de te demander tant de choses, la vie est courte, ma vieille ! » murmurer-t-elle.
Se levant de son lit, elle se dirigea dehors, se sentant mieux dans sa peau. Wilfried l'avait vu.
Un sourire tendre se dessina. Yulia décida d'échanger quelques paroles avec son ami :
« Dès que le Jeunot revient avec Mika et les esclaves, nous lèverons l'ancre. »
« A vos ordres, Capitaine Yulia ! »
« Ou Capitaine Volkova, n'oublies pas ! »
« Très bien, Capitaine Volkova. »
Ils échangèrent un sourire. La conversation prit fin, elle alla voir ses autres hommes. Après avoir fait le tour, la brune regarda le ciel en chuchotant :
« Aucun nuage noir à l'horizon. »
Une journée ensoleillée effectivement. Elle sauta du bateau, agile comme un chat, et retomba sur ses pieds légèrement, la hauteur entre le bateau et le sol n'était pas grande, elle pouvait facilement s'échapper du navire de la sorte.
Elle arpenta les rues de cette ville inconnue, croisa les regards charmeurs d'autres pirates. Yulia finit par se rendre dans un bar, les pirates saouls tapaient les fesses des femmes qui dansaient, d'autres se battaient, un univers que Yulia pouvait supporter, elle ne commanda rien, elle observait les gens, les femmes égales à des sirènes envoûtantes emmenaient les homme au deuxième étage pour faire des choses que Yulia ne ferait jamais.
Un pirate à l'odeur de transpiration glissa tout le long du bar, Yulia le regarda et le pris au col pour le balancer plus loin.
« T'es très forte ma cocotte... » chuchota un homme aux dents pourries.
Il se rapprocha, Yulia tenta de l'ignorer, mais il ne tarda pas à mettre la main à ses fesses, ce vieux pervers fut envoyé à travers une vitre par notre capitaine en un instant. Une bagarre encore plus grande, se déclancha. Essayant tant bien que mal de sortir du bar, elle prit un malin plaisir à frapper tous les mâles qui se mettaient en travers de son chemin.
L'oxygène lui revenait dans les poumons, elle se sentait mieux une fois sortie du bar. Après une bonne heure d'absence, elle se décida à retourner au navire.
Mauvaise surprise, tout le monde était parti, elle cria pour se faire entendre et le Jeunot apparut toujours au service de Yulia.
« Ah ! Vous êtes là, capitaine ! »
« Où sont les autres marins ? »
« Ils sont partis, craignant votre colère... »
« Quoi ? Exprime-toi mieux, je ne comprends pas ! »
« Mika a choisi un esclave qui ne vous plaira pas. »
« Eh bien, qu'il me le montre ! Je n'attends que ça ! »
« Tout de suite. »
Il s'exécuta, en revenant il était accompagné d'un homme assez séduisant, brun ténébreux aux yeux gris. Elle sourit sans le vouloir.
« Où est le problème ? »
« Voici le premier esclave, il s'appelle Timothée. Il n'a pas coûté très cher et il sait où se situent le nord, l'est, l'ouest et le sud sans avoir besoin de boussole. »
« Nous n'avons pas besoin de boussole humaine pour l'instant, il servira à rendre le bateau encore plus beau, n'est-ce pas ? »
« Oui, oui ! » s'empressa l'esclave.
« Bon. Je veux voir l'autre ! »
« Heu... Tout de suite... »
Le manque d'assurance dont faisait preuve le Jeunot, inquiéta Yulia, que pouvait bien avoir cet esclave de si particulier ? Timothée semblait correct et séduisant. Séduisant ? Oui, enfin non, il plaisait à Yulia mais c'était sans plus.
Mika apparut, salua son capitaine et pris par la main une personne. Ils avaient osé ! Ils avaient osé l'interdit ! Elle transperça Mika du regard. Il avait choisi une femme comme esclave ! Une femme ? Oui, une rousse aux yeux verts, très charmante, un regard fragile... Yulia fut touchée par l'innocence de son expression, mais c'était une émotion de courte durée. Elle entra dans une de ses colères qui n'en finissent pas. Une femelle ! Sur son bateau ! Il ne manquait plus que ça.
« Qu'est-ce qu'une femme fait ici ? »
« Elle nous sera utile. » fit Mika en gardant son sang froid.
« Utile à quoi ? Pour l'amusement de l'équipage ? Je t'avais pourtant dit : pas de femme ici ! »
« Elle a toujours rêvé d'être pirate ! »
« Je n'en n'ai rien à faire qu'elle a toujours voulu être pirate ! Je ne veux pas de femme sur le bateau, c'est tout ! Qu'elle disparaisse de ma vue ! » vociféra-t-elle.
« Bravo Lena ! T'es super bien tombée là ! Pourquoi elle ne veut pas de moi ? J'ai quelque chose de travers, fait lui les yeux de petit chat sensible, allez ! Tu vas pas laisser passer ta chance, en plus ton capitaine est sexy, mais qu'est-ce que je vais penser, moi ? J'aime les hommes ! Bon alors concentres- toi, fais-lui les yeux doux ! Drague-la ! Quoi ?! Draguer une femme ? Ca va pas non ? Lena, tu devrais garder ton calme, tu n'as qu'à draguer son père ! Mais il n'est pas là, Lena! Son frère alors ! Pas là non plus ! T'as pas entendu ce que le pirate t'a dit ? Si si si.... » improvisait Lena dans sa tête pendant que Mika et Yulia se disputaient pour elle.
« Si nous la rendons, nous aurons perdu de l'or et quelqu'un d'utile ! » riposte-t-il.
« Bon. Nous n'allons pas la rendre, nous allons la revendre ! Mais il est trop tard aujourd'hui ! Demain quand nous serons sur la mer, nous la proposerons à un navire marchand ! »
« Mais c'est immoral ! »
« Je ne reviendrais plus sur ma décision ! Sois content qu'elle reste là pour cette nuit ! »
Il se retint de dire quelque chose qu'il aurait pu regretté, il prit Lena par l'épaule et l'emmena dans sa cabine. Yulia donna un coup de pied dans un tonneau pour exprimer son énervement. Vivement que cette fille disparaisse ! Jamais une femme autre que sa mère et elle, n'était montée sur ce navire, Mika avait osé et pour quelle raison ? Elle avait failli être vendu à des pervers qui l'auraient tuer après l'avoir violée... Il avait fait justice mais pas pour Yulia. Mika était un bon pirate, sûr de lui, même un peu trop. Il avait résisté au serment de son capitaine, et cela faisait bien, la première fois, tout ça pour une fille. De mieux en mieux...
« On lève l'ancre ! » ordonna Yulia.
L'équipage était revenu avant la nuit, tous voulant savoir ce qui c'était passé, ils avaient même pariés si cette femme resterait ou pas sur le navire. Quels idiots ! La brunette avait encore une boule dans le ventre, et sortit prendre l'air pendant que le bateau voguait sur la mer, paisiblement.
« Tu n'aimes pas la nouvelle ? »
« Ca se voit tant que ça ? » se moqua-t-elle.
« Pourquoi, tu la rejettes ? »
« Wilfried, depuis que ma mère est morte, il n'y avait que moi sur ce bateau ! Et là, cette rousse s'incruste sous prétexte qu'elle serait très utile ! Pour divertir mes hommes, oui ! »
« Tu penses que Mika s'est trompé ? »
« Oui, sur toute la ligne. »
« Pas moi, je trouve qu'une deuxième femme sur le bateau ne serait que positif. »
« Tu m'énerves ! »
En se rendant à sa cabine, elle entendit un cri venant de la cabine des nouveaux venus, elle haussa les épaules, de toute façon qu'est-ce qu'elle en avait à faire de cette fille ? Mais les cris commençaient à l'agacer. A contre c½ur, elle alla voir, et vit que Timothée faisait des avances à sa compagne de chambre. Il fut pris par derrière et tomba par terre lourdement, Yulia mit son pied sur sa partie sensible.
« Si ton meilleur ami est en manque, j'ai de quoi lui rafraîchir les idées, tiens, un bain dans l'océan ça te dirait ? »
« Pi..Pitié, je ne recommencerais plus... promis... »
« J'aime mieux ça ! »
« Merci... » souffla la jeune fille.
« N'essayes pas de m'acheter avec tes bonnes manières, j'ai fais ça pour que cet homme comprenne, pas pour te sauver la mise ! » remarqua Yulia avec froideur.
Lena fut blessé par les paroles de la brune, elle ne comprenait pas pourquoi elle était aussi méchante avec elle. Timothée se releva et suivit Yulia sur le pont pour aller travailler. Lena resta figée un instant, se remémorant sans cesse le regard froid que le capitaine lui avait envoyé...
Pourquoi était-elle comme ça ? Une femme de plus sur le bateau qu'est-ce que ça change ? Yulia avait éveillée quelque chose en Lena mais elle ne savait pas quoi, elle voulait lui plaire, elle voulait la connaître. Mais si Yulia continuer à se comporter comme ça elle en fera de même.
« La cabine vous plaît ? »
La voix chaude de Mika fit sortir Lena de ses pensées. Il lui adressa un sourire tendre, elle le lui rendit. Cet homme l'avait sauvée des griffes de ces hommes sans c½ur, un c½ur de pierre. Elle ne savait pas comment le remercier.
« Oui, elle est parfaite. Merci. »
« Je suis désolé pour l'incident avec le capitaine, elle est sûrement un peu tendue... »
« Elle n'est pas tendue... » murmura Lena en réfléchissant.
« Qu'as-tu dit ? »
« Elle n'est pas tendue. »
« Qu'insinue-tu ? »
« C'est très clair, le capitaine ne veut pas d'une personne féminine à par elle sur son navire, elle l'a bien dit. Maintenant vous avez enfreint la règle, elle est en colère contre vous et moi. »
« Elle ne comprend pas, c'est tout.»
« Si elle ne comprend pas, elle ne comprendra jamais. »
« Je le lui expliquerais ! » assura-t-il convaincu d'avoir raison.
« Ca ne changera pas les choses Mika. Elle ne désire aucune fille et j'en suis une, elle n'aime peut être pas les femmes ! Tout simplement. »
Un cri ce fit entendre de l'extérieur, Mika s'excusa et s'en alla rapidement. Lena se retrouva seule. Une nouvelle fois. Toujours le visage de Yulia en tête et cette phrase... Si froide, ce regard glacial lui avait fait froid dans le dos.
Il était tard, le sommeil et les bâillements des pirates commencer à être présents. Après avoir fait leur travail, ils mangèrent entre eux, Lena avait était invitée pour faire connaissance. Yulia avait refusé de se joindre à eux, encore énervée de voir une fille sur son bateau.
« Vous ne vous couchez pas Capitaine ? »
« Non, je n'ai pas sommeil. »
« Je voulais vous dire, le Jeunot à sali le pont avant, ne me demandez pas comment. Je dois allez le cherchez pour qu'il nettoie ? »
« Non, amenez moi la nouvelle. »
« La nouvelle ? Pourquoi ? »
« Faut bien qu'elle apprenne à bosser, depuis qu'elle est arriver personne ne lui à donner de choses à faire, je vais lui en donnez moi ! »
« Mais il est tard Capitaine...»
« Et alors ? Qu'est ce que ça peut te faire ? »
« Ben... »
« Tais-toi ou c'est toi qui nettoie le pont jusqu'à que je puisse me voir dessus ! »
« Je vous l'amène tout de suite ! »
Yulia leva les yeux au ciel, il n'y avait que les menaces qui marchait avec cette idiot de Franck, toujours avec ses lunettes pour se donnez l'air intelligent alors qu'il voyait très bien, essayant de se faire passer pour un philosophe, il se faisait souvent humilier par ses phrases débiles. Petit et maigre, c'était un drôle de personnage et c'était le seul à savoir lire le latin.
« Vous vouliez me voir ? » demanda Lena en se rapprochant.
« Oui. Te voir nettoyer le pont. Le Jeunot l'a sali et ne me demande pas comment ! »
Elle chercha de quoi nettoyer et commença à s'activer. Yulia l'observa un instant, et fit un sourire sans s'en apercevoir, tout compte fait cette esclave était efficace, sans broncher elle avait obéi, peut être parce qu'elle voulait rester ici ? Yulia chassa cette pensée. Non, elle ne resterait pas ici. Elle l'avais décider, et puis elle en était sûre elle serais un amusement pour ses matelots en manque d'affection. En manque d'affection ? Oui, ils viennent souvent chez Yulia, faisant des avances ou imitant un chien battu pour être réconforter, que de technique pour plaire au capitaine. Mais son c½ur n'était pas ouvert à tout le monde...
« Tu t'appelles Lena ? »
« Oui. Lena Katina. »
« Katina ? C'est ton vrai nom ? »
« Oui. Je suis russe. »
« Comment une russe peut-elle arriver jusqu'ici ? »
« J'appartient à une famille riche, la vie sur de l'or ne me plait pas et ne me plaira jamais, tu ne fais même pas le moindre efforts pour obtenir quelque chose, l'argent est leur langage. Je me suis enfuit et c'est là que l'ont m'a capturé. J'ai voyagé de pays en pays dans une cage, traitée comme une chienne. Même si j'ai pleurée, mais si j'ai souffert cette vie est bien meilleure comparée à celle des riches, je voyage, rencontre des gens... Une aventure difficile je l'avoue. »
« Eh bien, tu es très surprenante, préférée une vie de misère à une vie de luxe... Je ne sais pas comment tu fais... »
« Je vis tout simplement. Quand tu es riche, tu ne manques de rien, ce n'est pas vivre. Vivre c'est ce battre. La vie est un combat. »
« C'est bien beau ce que tu dis. »
« Vous avez baisser vos défenses contre moi ? »
« Non, c'est juste pour avoir quelque choses à raconter à mes marins quand vous serez partis. Histoire de les réconfortées. » ironisa la brune.
« De quoi parlez vous ? »
« Ne faite pas l'innocente, vous savez très bien qu'ils vous ont tous pris en affection, il n'y a eu que de la drague lors du repas. »
Elle lui tourna le dos et s'en alla dans sa cabine, Lena continuer a frotté, elle y avait presque cru, Yulia avait paru gentille à un moment. Lena avait compris qu'avec elle, il ne fallait pas croire qu'en parlant un court instant elle gagnerait sa sympathie... Mais il était trop tard, demain elle allait être vendue. Pourquoi vouloir à tout prix plaire à quelqu'un que vous ne verrez plus jamais de votre vie ? C'était stupide, Lena se ravisa.
Son travail enfin terminé elle alla se coucher, son partenaire de cabine ne dormait pas, il regarde le plafond les yeux ouverts et sursauta quand Lena rentra. Elle remarqua sa peur dans son visage, il se releva et s'installa sur le lit.
« A quoi tu penses ? »
« Au capitaine. »
« C'est-à-dire ? »
« Ca te regarde ? »
« Ok. Si tu ne veux pas être amis je comprendrais. »
« Lena... Le capitaine m'intrigue... »
Elle resta interloquée par l'aveux de Timothée, elle se posa à son tour sur son lit et commença à enlever ses vieux habits.
« Tu pourrais te retourner, j'aime pas me déshabiller devant une personne. »
« Pas de problème. »
« Moi qui te prenais pour un homme qui voyait sa vie que a travers son... Enfin tu vois ? »
« Oui ! » rigola-t-il face au mur.
« Alors comme ça, Yulia te plait ? »
« Ben, je sais pas trop. C'est une fille si inaccessible et ça me perturbe... »
« Héhéhé. C'est les vrais femmes ça ! »
Un rire partagé, une complicité trouvée, ils s'endormirent tout les deux, épuisaient de leur long voyage d'esclaves...
Le matin. Le commencement d'une nouvelle journée. Lena, à moitié entre le sommeil et la réalité tomba de son lit, se débattant avec sa couverture. Visiblement en difficulté, Timothée l'aida à affrontait la dur réalité. Elle broncha sans pouvoir regarder correctement son ami. Elle savait qu'elle avait dit quelque chose pendant qu'elle se battait avec son drap, elle craignait que Tim l'es entendu. La pièce illuminer par le seul rayon qui traversait la fenêtre se réchauffée lentement, le bois donnant un aspect de sécurité... Cette chambre était paisible, un peu trop paisible. Elle avait eu peur de quelque chose. De quelque chose. Oui. Si effrayante. Si transpercente. Comment pouvait-t-elle le savoir ? C'est simple. Sa respiration c'était accéléré subitement. Elle ne voulez pas regardée Timothée de peur de l'inquiéter mais c'était déjà fait. Allongée sur le sol, il la serrait fermement pour la calmer.
« Que voulais dire ces phrases ? »
« De quelles phrases parle-tu? »
« Lena, dans ton sommeil tu parler à quelqu'un mais je n'est pas pu distinguer ce que tu disais... »
« Ca n'as pas d'importance. »
« Je ne pense pas. Ca avait l'air plutôt grave. »
« Mêle toi de tes affaires. » cria Lena en s'écartant de lui mais il la retint.
« Reste ici. »
Il inspira de manière à sentir le parfum de la jeune femme, il posa ses lèvres sur son cou. Délicate. Douces. Comme de la soie. Lena ferma les yeux. Une image. Non ! Surtout pas celle-là, et remua sa tête de façon à la chasser. Cette pensée. Cette personne, toujours la même hantant son esprit. Toujours elle. Elle, Yulia.
Soudain, un bruit de porte. Les regards s'échangent. Lena se sens mal, elle n'ose pas affronter le regard assassin que lui lance Yulia. Oui, Yulia. Le coup typique dans des situations pareil. Elle s'en va, en n'oubliant pas de dire qu'ils avaient du boulot, et pas de la plus douce manière qu'il soit, une phrase brute et plein de dégoût...
« Capitaine, vous n'avez pas faim ? »
« Non ! »
« Que vous arrive-t-il ? »
Yulia s'assoit à son bureau. Jamais elle n'aurait pensé que Lena allait se laisser séduire par ce pervers... Elle tapa du poing sur la table. Le Jeunot l'avais suivit.
« Capitaine... »
« Quoi ?! » cria-t-elle.
« Qui peut vous mettre dans un état pareil ? »
Oui. Pourquoi Lena l'a mettait dans un état pareil ? Jamais elle n'avait était autant en rage pour si peu. Etait-ce parce qu'il s'agissait de Lena ? Yulia pris sa tête entre les mains, et grogna. Lena devait disparaître le plus vite, elle commençais à être trop impliqué dans la vie de Yulia, et pourtant... En si peu de temps... Cette jolie rousse avait déclanché un choc en elle, Lena lui plaisait oui, mais elle s'interdisait d'être aimable avec elle. Son père lui avait fais promettre de ne jamais emmener une femme autre qu'elle et sa mère sur ce navire. La voilà la vraie raison. Cette trahison lui restait en travers de la gorge l'empêchant de se sentir bien. Lena était la cause de tous ses soucis de conscience. Evidemment elle reposer tout sur les innocentes épaules de la rousse.
« Va manger, j'ai besoin d'être seule... »
« C'est Lena ? »
« Pardon ? »
« C'est Lena la cause de votre excès de rage, encore une fois... » dit-il songeur.
« Tu te prend pour un adulte ? »
« Je n'est jamais dit ça. »
« Alors mêles toi de tes affaires ! » agressa-t-elle.
Elle était trop bien énervée pour se rendre compte du ton qu'elle mettait dans de simples phrases. Rage. Colère. Destruction. Voila les mots qui brûlaient à la bouche de Yulia.
Le Jeunot tourna les talons et s'en alla. Yulia ne l'avait jamais agressé de la sorte, il avait était blessé et il préférait partir avant d'être atteint encore plus par la colère de la brune...
Elle se mordit la lèvre, toute cette colère inutile... Elle se reposa sur son lit, réfléchissant à cette rousse. Toujours cette rousse.
« Je crois qu'on devrai allez manger... » confia Timothée mal à l'aise.
« Moi aussi. »
Ils se levèrent du sol, prenant en même temps la porte, ils se coincèrent ensemble. Il se retira et fit un signe à Lena de passer...
Elle passa devant la cabine de Yulia, la porte ouverte. Elles se fixèrent, le regard transpercent de Yulia blessa à nouveau Lena. Pourquoi était-elle autant atteinte par cette brune ? Elle lui renvoya ce regard, afin de lui faire bien comprendre qu'elle en avait vraiment marre.
Déjeuner agréable en perspective, l'équipage s'activa à la tache. Lena avec le Jeunot nettoyant le pont. Timothée avec un autre homme surveillait de près la mer.
« Le capitaine vous a à l'½il... »
« Je m'en fiche royalement ! »
« Hey ho doucement, tu te rebelles maintenant ? »
« De toute façon qu'est-ce que ça change, je vais être vendu d'ici peu ! »
« C'est vrai. Mais bon, tu ne devrais pas défier comme ça Yulia... »
« Je fais ce que je veux ! Arrête de jouer le grand ! »
Le Jeunot eu comme un raisonnement, Lena avait dit presque la même chose que Yulia. Cesser de vouloir faire le grand. Elles étaient faites pour s'entendre. Mais Yulia renait toute entente, et maintenant Lena se rebeller contre elle. Il laissa son travail de coté et alla rejoindre Yulia.
« Cap'taine ! Lena vous défie ! »
« Pardon ? »
« La nouvelle vous défie ! A l'épée ! »
Oui. Enfin non. Que voulait dire le Jeunot ? Lena allait se tuer. Enfin, peut-être. Yulia savait manier l'épée comme personne. Le Jeunot avait fait une bêtise de trop. La brune se surpris à être d'accord de se battre avec la rouquine. Le jeune homme savait ce qu'il faisait, qu'avait-il encore derrière la tête ? Il se trompait. Non, peut-être pas. Ce combat pourrait être une sorte de compromis... La voilà l'idée du Jeunot. Il donnait l'impression d'être sûr de lui, quelque chose d'agaçant pour Yulia...
Défi du regard qui en dit long sur la détermination de Yulia. Lena qui ne comprenait pas la situation, tenta d'en savoir plus :
« Que me voulez-vous ? »
Secs. Froids. Les mots avaient touchés Yulia jusqu'au plus profond de son âme. Pourquoi était-elle aussi atteinte ?
Son épée, fidèle, menaçante. Elle la dégaina rapidement. La lame posée au bas du cou de Lena, position dangereuse. Elle se retira, aucune crainte, aucun signe de faiblesse. Non, jamais. Ne jamais baisser la garde devant la brune. La rousse avait compris, elle voulait se battre.
Vengeance ? Menace ? Provocation ? Rien que ça.
Lena prit l'épée du Jeunot, Yulia échappa un rire. Moqueur. Ironique. La rouquine sentit la haine s'agrandir. Elle serra fermement l'épée de sa main droite. Geste soudain. Yulia contra son attaque, les deux épées s'étaient rencontrées brusquement. Lena tenta une attaque d'en bas, à nouveau contrer.
Le combat commença à être plus rapide, gauche, droite. Raisonnements des fers qui se croisaient éternellement.
« Tu n'as aucune chance ! » cria Yulia.
Un combat interminable. Elles se déplacées sur le bateau au fur et à mesure des coups.
Précis. Enfin. Trajectoire déroutées. Yulia c'était écarté à temps mais elle n'avait pas pu tout éviter. Lena l'avait blessée à l'épaule, une marque, une entaille.
Le sang commença à s'imprégner de la chemise autrefois blanche de Yulia, mais malgré la douleur elle continua son combat.
La rage frappa un grand coup, emporter pas sa colère, elle avait puisait sa force dans sa haine.
L'épée de Lena tomba. A nouveau, Yulia avait mis la pointe de son arme sous la gorge de la rousse...
« Tu croyais m'avoir ? » demande le capitaine, un sourire moqueur sur les lèvres.
Lena ne répondit pas. Elle l'a regardé. Droit dans les yeux. Regards intenses. Regards noirs.
« Sache que personne ne peut me battre. » ajouta la brune en baissant son épée.
Elle ria, heureuse d'avoir battue Lena, même si cela avait été dangereux.
En retournant dans sa cabine, elle eut mal à son épaule. Cette entaille ne l'avait pas abattue mais la douleur était bien trop présente. Yulia se soigna. Elle mis un bout de tissu, le serra fermement et se coucha sur son lit en soupirant.
Le Jeunot, qui avait assisté au combat, resta interloqué de ce défi si rude.
Tensions. Haine. Amertume. Les deux jeunes filles étaient maintenant ennemies. Leur relation était confuse, trop confuse.
« Tu t'es bien défendu. »
« Je n'ai pas besoin de tes compliments. »
« ...Tu as décidée de ressembler au capitaine en étant agressive avec moi ? »
La rousse tourna la tête, surprise par les mots du Jeunot. C'est vrai, elle avait été insupportable envers lui. Elle n'aiment pas son comportement mais ne pouvait s'empêcher d'être énervée contre tout le monde. Lena ne pouvait pas s'attaquer à Yulia au risque de se faire jeter par-dessus bord, alors elle se défouler sur les autres. Il fallait se faire à cette idée.
« Je suis... »
« Désolée ? compléta la Jeunot, ce n'est pas grave. Le capitaine vous met la pression, je peux comprendre. »
« Merci. Tu es vraiment gentil même si moi je suis détestable... »
« Vous n'êtes pas détestable, vous êtes énervée. »
Elle lui sourit. Ce garçon était bon, drôle et attachant. Lena ne pouvait s'empêcher de rester insensible à l'amitié que lui offrait celui-ci.
Le reste de l'heure se passa en rires. Le jeune garçon jouait les humoristes derrière les regards amusés de Lena. Mais quand Yulia apparut sur le pont, le Jeunot étant en train de faire un numéro, vit la brune et tomba aussitôt de son équilibre presque parfait.
« Ca t'amuse de jouer à ça ?! »
« ...Je...Capitaine... »
« Hors de ma vue ! »
« Mais... »
« Va dans ta cabine ! »
Il s'exécuta, il savait que dans ces cas là, il n�avait pas le droit de s'exprimer, il étouffa un juron. Lena ayant finit son travail, passa devant Yulia et l'a regarda en la fusillant du regard.
Avoir était aussi dur avec le Jeunot l'avait dégoûtée. La brune ne répondit pas au regard blessé de cette violence dans ses yeux. Comment était-ce possible d'être autant touchée par une femme que l'ont déteste ?
« Un bateau en vue ? »interrogea-t-elle.
La capitaine regarda au dessus de son épaule pour voir si Lena était encore là à parler avec un marin, à cette instant précis, la rousse disparut dans le couloir des chambres. Yulia soupira puis regarde à nouveau Timothée et Wilfried en attendant la réponse. Visiblement, ils hésitaient à répondre, ils étaient mal à l'aise.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Toujours pas de réponse. Elle arracha la longue vue, voulant vérifier de soi-même. Après une minute d'observation, un sourire se dessina.
« Enfin...»murmura-t-elle.
Ouais, il était temps qu'un bateau arrive, plus précisément un bateau marchand. Celui qui va faire disparaître Lena, celui qui va rendre heureuse Yulia. Mais peut être pas si heureuse que ça.
« Capitaine, vous ne pouvez pas... »
« Je ne peux pas quoi ? Revendre Lena ? »
« Oui. Elle est importante, il faut se rendre à l'évidence, Lena apporte quelque chose à l'équipage. »
« Alors ça ! Wilfried ! Je n'aurais jamais cru que tu te mettrais du côté de cette rousse ! »
Wilfried fit un air gêné. Yulia le regarda avec étonnement et déception. Il n'était donc pas l'homme qu'elle croyait ? Une femme avait alors réussie à changer un homme comme lui ?
Parfois on peu découvrir que les gens à qui l'ont fait confiance nous trahisse, tôt ou tard.
Alors la dispute éclate, laissant des morceaux de mensonges, d'insultes, de regrets s'écrasaient sur le sol, disparaissant peu à peu pour laisser place à une nouvelle chance, mais seulement quelques fois.
« Tu me dégoûtes ! »
La brune serait restée une minute de plus à observer le visage désolé de Wilfried, elle aurait fait un crime. Quand la personne se dévoile ainsi, c'est comme si une chose douce se transformerait en pierre. Cela fait mal. Le caillou saigne, la douceur fait place au malheur des larmes brisant des visages tel des lames coupant des vies.
« Yulia a vraiment changée. »
« Je suis désolée, depuis que je suis là rien ne vas plus... »
« Ce n'est pas vous la fautive mais Yulia. »
« Tu es sur ? »
« Avant elle me souriait, me taquinait, me consolait et m'aidait. Maintenant elle m'engueule, me regarde avec ses yeux si... »
Il ne pu terminer sa phrase, sa voix était lourde, les larmes lui brouillait la vue, Yulia lui avait fait du mal, trop de mal. Lena comme un réflexe s'approcha de lui et le pris dans ses bras. Consolation. Sécurité. Apaisement.
Le regard du capitaine était devenu comme un orage perçant le ciel, déchirant les étoiles.
Trop de changement en si peu de temps. L'équipage était morose, atmosphère vide, sans aucun sens.
Silence. Pensées. Amertume, un mot qui revient souvent, un mot correspondant à cette situation. Le Volkova n'était plus le même, c'était comme si les ténèbres l'avait envahi et mit sous le contrôle de Satan.
Une solution ? Il y en a une à tous les problèmes, enfin, c'est ce qu'on dit.
La solution serait de se débarrassée de Lena et de faire semblant que rien ne c'était passée ici ?
Plus facile à dire qu'a faire...
« Capitaine ! appelle Timothée en suivant celle-ci, arrêtez, Lena est indispensable sur le bateau ! »
Elle se retourne et le regarde dans les yeux. Déstabilisation. Elle attrape fermement avec ses deux mains la chemise de Timothée. Elle ne le soulève pas, mais son empoignade est un signe d'énervement, gros énervement.
« Ca ne fait même pas deux jours que tu es ici et tu dis qu'elle est indispensable ? »
Elle le jette au sol. Il reste par terre, soutenant le regard de Yulia comme un chien prêt à mordre. Son dos avait subi à sa colère, mais la colère de l'homme lui faisait oublier quelconque douleur.
« Va la chercher, espèce d'idiot ! »
Wilfried relève son ami qui lui, garde le regard posé sur la brune. Vengeance, oui il l'aura, un jour.
Le bateau marchand s'arrête à proximité du Volkova. Le vendeur tel une fourmi ayant détecté de la nourriture lance à Yulia :
« Il est où vôtre capitaine ? J'aimerais lui parler ! »
« Vous l'avez devant vous. J'ai quelque chose à vous vendre. »
« Ah oui ? Et quoi donc ? »
« Une esclave, très charmante, parfaite pour vous. »
Les compliments. Il n'y avait que ça qui marchait pour ces naïfs de vendeurs. Surtout les hommes. Le vendeur rigole, flatté.
« Montrez là moi. »
« Tout de suite. »
Lena sort dehors. La lumière agresse ses yeux. Les chaînes lui brûlent les poignées et ses habits sont sales comme si elle s'était roulée dans la boue.
La rousse voit l'homme qui allait l'emporter, elle fait une moue.
« Je la prends ! »
Yulia saute sur le petit bateau, marchande avec lui et en quelques secondes Lena se retrouve sur un bateau pourri et amoché, le Volkova est flambant neuf à côté. Impression bizarre.
« On vas bien s'amusez toi et moi. » dit-il à la rouquine une fois en sa possession.
La brune se retourne en attendant ces paroles, elle n'était pas encore monter sur son navire. Les mots du vendeur lui avaient fait mal. Pourquoi ? A vous de deviner. Elle sort son épée et pose la pointe de l'arme violemment sur le cou du pervers.
« Je te rends ton or, rends moi la fille. »
« Tu rêves, elle est à moi ! »
Pour lui prouver que c'est bien vrai, il pose ses mains sur les fesses de Lena, Yulia entre dans une de ses colères. Les hommes comme ça, c'est à peine si elle peut les sentir.
La lame de son épée rentre un peu plus dans le bas du cou mais pas assez pour lui tranchée la gorge, c'était fait exprès. La transpiration comme à perler sur le front du vendeur, il pousse Lena vers Yulia et supplie :
« Ne me tuez pas, gardez l'argent surtout. »
« Ca me conviens parfaitement. »
Un instant plus tard, il prend le large, enfin. Grande gueule. Mais rien dedans. Grand homme. Mais qui ne vaut rien. Plus de graisse que de cerveau.
Les deux femmes remontent à bord, les matelots n'en reviennent pas.
« Capitaine, je... » commence Lena.
« Ce n'était pas pour toi, c'était pour donner une leçon à ce pervers et faire plaisir a l'équipage. Leur colère envers moi aurait pu faire couler le navire, je les connais. »
Il vaut mieux prévenir que guérir. D'un côté Yulia disait la vérité, et d'un autre côté sans qu'elle ne le sache, elle voulait garder cette rousse, ce désir était enfoui en plus profond de son âme, un désir secret qu'elle savait ignorer.
« Allez les gars, vous pouvez faire la fête, Lena reste ici jusqu'à que nous trouvons un port où se reposez. Attendait vous à ce que sont retour sois de longue durée. »
Ils crient tous de joie, Yulia regarde Lena, mais normalement, ensuite elle lui adresse un sourire. Puis elle disparaît du pont.
Un sourire ?! Oui, et je peux vous dire que Lena est la première surprise. C'était la première fois que la brune lui souriait, l'esclave considère ça comme une première victoire.
Ouais, elle a gagnée la bataille mais pas la guerre, loin de là.
Des lèvres lui embrasse les joues, des bras la portent en l'air et des cris de bonheur s'échappent à en crever les poumons. Les matelots sont plus qu'heureux.
Lena essaye tant bien que mal de s'intégrer à la fête mais c'est plus fort qu'elle, elle avait envie de voir Yulia, cette fille qui, avec son sourire semblait plus accessible. Mais elle se doutait que ce n'était par pour bien longtemps. Justement.
« Tu ne bois pas de rhum Lena ? » demande Timothée entre deux gorgées.
« Je n'ai pas soif. »
« Tu sembles absente, tu n'es pas heureuse d'être là ? »
« Si, si mais... »
« Tu aimerais voir Yulia. » intervint le Jeunot comme si il lisait dans ses pensées.
« Comment tu peux le savoir ? »
« Cela ce voit. Tu n'arrêtes pas de regarder vers les chambres, dans le seul espoir de l'a voir sortir. » fit-il en s'asseyant à côté d'elle.
Lena resta muette. Le Jeunot l'a surprenait de plus en plus. Il avait presque toujours raison. Il avait un sens de vivre étonnant. Ce gamin était un prodige né. Non, elle n'en faisait pas trop.
« Tu lis dans les pensées maintenant ? » questionne Tim.
« Non. C'est la logique des choses. Et j'ai l'impression qu'entre elle et Lena, ce n'est pas qu'une affaire de filles. »
« Peut être as-tu raison. » chuchote la rousse.
Elle est restée là. Avec lui. A discuter de Yulia, de lui, d'elle. Elle se sentait bien. Elle se sentait comprise. Personne ne les a dérangées. Timothée faisait un concours avec un matelot, bien plus loin. Et Wilfried était parti se coucher.
« Tu crois que j'arriverais à m'entendre avec elle ? »
« J'pense que oui, mais ça mettra du temps, beaucoup de temps. »
« Et qu'est ce que je dois faire ? »
« Jouer le même jeu qu'elle. C'est-à-dire, être rebelle, être dur, comme elle, faire comme elle, comme son comportement. »
« Je vais essayer. »
« N'essaye pas, fait le. »
Elle sourit, il fait de même. Lena se lève, lui souhaite une bonne nuit et rejoins sa cabine, quand elle passe devant celle du capitaine, celle-ci l'interpelle.
« Oui ? »
« Entre, on va parler. »
« Très bien. »
« Ferme la porte. »
Elle s'exécute, et reste debout devant elle. Yulia est assise sur son lit, les mains croisaient sur ses genoux.
« Si je suis cruelle avec toi, ce n'est que par rapport à mon père. Je n'arrive pas à t'aimer Lena, quelque chose m'en empêche, et même si j'essayerais, je n'y arriverais pas. »
« Pourquoi ?! »
« Ne me demande pas pourquoi Lena. »
« C'est n'importe quoi ! » s'énerve-t-elle.
Adieu la gentille Lena, faite place à la Lena qui met carte sur table et qui ne passe plus part quatre chemins. Etonnant changement ouais. Mais il le fallait, s'en était de trop.
« Tu m'agresses maintenant ? »
« Je ne vous ai rien fait ! Jamais ! Et vous, vous vous en prenez à moi ! Pourquoi ? Je ne sais pas ! Jetez moi par-dessus bord alors ! En plus, avec mon comportement je vous donne des raisons de le faire ! Les pirates peuvent faire tout ceux qu'ils veulent, ouais ! Mais je crois bien que l'équipage vous en empêcheras ! »
Elle ouvre la porte et en sort tel une furie pour regardait une dernière fois Yulia, les larmes de colère au bord des yeux.
Yulia, qui ne s'attendait pas à une telle réaction, se lève de son lit et claque la porte que Lena avait laissé ouverte. Geste d'énervement. C'est vrai qu'elle aurait pu la jetez à l'eau, mais ses hommes l'aurait arrêter. La haine l'a ronge. La naïveté l'aveugle. Elle voyait une Lena gentille comme un agneau et voilà qu'elle lui livre une guerre sans merci.
C'est la guerre, sur le Volkova...